18/01/2013 13:37

Une toile surréaliste de Salvador Dali inspire un spectacle original à Montréal

Mélange de théâtre, cirque, musique, ballet et cabaret, le spectacle La Verità du Tessinois Daniele Finzi Pasca, inspiré par une toile surréaliste de Salvador Dali, a été présenté jeudi soir en première mondiale au Théâtre Maisonneuve de Montréal.

"L'esprit de Dali était avec nous cette nuit, c'est sûr!", a lancé Finzi Pasca à l'AFP, savourant le succès de sa pièce, qui était aussi celui de sa troupe d'acrobates, jongleurs, clowns, danseurs et chanteurs.

Caléidoscope de numéros d'acrobate originaux et novateurs, le spectacle explore l'univers de l'artiste espagnol en faisant descendre sur scène de multiples éléments de sa toile qui sert de rideau et de décor à la fois.

"La vérité est tout ce qu'on a rêvé, qu'on a vécu, qu'on a inventé, tout ce qui fait partie de notre mémoire", proclame la devise de la pièce.

Ou'est donc la vérité de Dali? Vue par Finzi Pasca et sa complice Julie Hamelin, elle semble soudainement bien plus joyeuse et le rêve, plus magie colorée et aérienne que cauchemar.

Les aigrettes de pissenlit - qui symbolisaient peut-être des spermatozoïdes pour Dali, se demande un personnage de la pièce, cherchant à savoir qui est Tristan et qui est Iseult sur l'immense toile - deviennent de grandes boules blanches au dessus des têtes des acteurs.

L'énigme du sexe des deux personnages de la peinture, créée à New York pour servir de rideau au ballet Tristan Fou au Metropolitan Opera en 1944, est commentée par les clowns qui relèvent qu'ils ont tous les deux la pomme d'Adam.

Puis elle revient quand le public remarque soudain que les sveltes danseuses portent des masques arborant les célèbres moustaches de Dali. Et lorsque parmi les jeunes femmes gracieuses on découvre quelques hommes déguisés en jupe rouge.

Et les béquilles, tristes accessoires jetées en marge de la toile surréaliste, deviennent instruments de prouesses époustouflantes d'un acrobate qui danse sur les mains.

L'hispanité de Dali est présente sous la forme d'une tête de taureau montée sur roue - encore une allusion à sa peinture ou' figure une brouette - et qui se livre à une corrida, les jupes des danseuses faisant office de muletas.

Des têtes de rhinocéros - animal de prédilection du peintre - parcourent la scène dans tous les sens.

Un cancan endiablé, pimenté de quelques sauts à la russe, a ouvert et clos le spectacle, longuement applaudi par le tout-Montréal avec une forte participation de la communauté italienne.

Le metteur en scène a tenu à remercier La Place des Arts, l'organisme public montréalais dont fait partie le Théâtre Maisonneuve. "Nous n'avons pas de théâtre et ici on a été accueilli comme si nous étions à la maison", a-t-il dit.

"Nous allons partir, mais c'est ici que nous avons pris notre envol", a-t-il ajouté.

Après Montréal, la toile et le spectacle entameront une tournée en Amérique du Sud jusqu'à l'été, puis gagneront l'Europe, à commencer par la France, la Suisse, l'Italie et l'Espagne.

La toile de Dali avait dormi pendant des décennies entreposée dans les stocks d'anciens décors du Met avant d'être achetée par une société de collection d'art européenne, dont le nom est gardé secret, mais qui pourrait bien être basée en Suisse.

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