27/04/2012 17:29

Bradley Manning, la taupe présumée de Wikileaks, peut être jugé pour "collusion avec l'ennemi"

Un juge militaire américain a estimé jeudi que Bradley Manning, taupe présumée de WikiLeaks, pouvait être jugé pour "collusion avec l'ennemi", crime théoriquement passible de la peine de mort, pour avoir permis la diffusion sur internet d'informations sensibles.

La juge en question, le colonel Denise Linde, a rejeté une requête de la défense de Manning qui demandait l'abandon de ce chef d'accusation, le plus grave des 22 portés contre le soldat de 24 ans, lors d'une audience préliminaire devant la justice militaire à Fort Meade (Maryland, est), près de Washington.

Cette décision est un nouveau revers pour Manning: mercredi, la juge avait déjà rejeté l'abandon de toutes les accusations demandé par ses avocats, selon qui l'accusation a manqué à son obligation de partager des informations importantes avec la défense.

Manning est apparu à l'audience vêtu d'un uniforme bleu. Dans la salle se trouvaient des soutiens du jeune soldat, vêtus de tee-shirts réclamant "la vérité" et qui affirment que Manning est un prisonnier politique.

La juge Lind a indiqué qu'elle donnerait des instructions sur ce que l'accusation devra prouver lors du procès. Les procureurs devront ainsi montrer que Manning a transmis "en connaissance de cause" et sans autorisation des informations classifiées à l'ennemi "via des moyens indirects", a-t-elle précisé.

Mais selon la défense de Manning, les procureurs devront prouver que Manning avait "l'intention malveillante" d'aider Al-Qaïda lorsqu'il a transmis les documents à WikiLeaks.

Sinon, chaque soldat soupçonné d'avoir révélé des secrets sur internet pourrait être poursuivi pour "collusion avec l'ennemi", l'une des infractions les plus graves du code de justice militaire américain, assure la défense.

Les procureurs militaires ont assuré de leur côté qu'il ne s'agissait pas de juger des intentions du soldat mais des effets de ses actions présumées. Or, selon eux, Al-Qaïda ne s'est pas privé de consulter les informations diffusées sur internet par WikiLeaks.

"Les implications des arguments du gouvernement sont stupéfiants", a estimé Ben Wizner, de la puissante organisation américaine de défense des libertés individuelles Aclu. "Dans son zèle à vouloir faire porter le chapeau à Manning, le gouvernement va si loin qu'en cas de victoire, cela transformerait des milliers de soldats loyaux en criminels", a-t-il réagi sur le site de l'organisation.

Pour David Coombs, un des avocats de Bradley Manning, suivre la position de l'accusation reviendrait à poursuivre un militaire parce qu'il aurait parlé sans autorisation à un journaliste du fort taux de suicides dans l'armée.

Bradley Manning est accusé d'avoir transmis à WikiLeaks, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, et 260.000 dépêches du département d'Etat. L'organisation créée par Julian Assange les avait ensuite mis en ligne, déclenchant une tempête dans la diplomatie mondiale.

Bradley Manning n'a pas annoncé s'il plaiderait coupable ou non coupable. La juge a fixé provisoirement au 21 septembre la date de début de son procès devant une cour martiale. S'il est reconnu coupable, l'accusation a annoncé qu'elle requerrait la réclusion à perpétuité.

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Vos réactions

Portrait de Anakin_skywalker

Tu vas tres loin.. Et je ne suis pas d'accord.