canicule
A peine redémarrée, la centrale nucléaire de Golfech de nouveau contrainte de s’arrêter en raison de la température trop élevée de la Garonne. Le site, situé entre Toulouse et Agen, utilise en effet l’eau du fleuve pour assurer le refroidissement de ses installations. Cette eau est ensuite rejetée dans la Garonne à une température légèrement supérieure, en moyenne d’environ 0,2 °C.
Or la réglementation impose à EDF de réduire la puissance, voire d’arrêter temporairement ses réacteurs lorsque la température moyenne du fleuve en aval risque de dépasser 28 °C.
Cette limite est prévue par un arrêté datant du 18 septembre 2006 afin de protéger notamment la faune et la flore aquatiques.
La centrale de Golfech comprend deux réacteurs à eau pressurisée d’une puissance d’environ 1.300 MW chacun. Mais le réacteur n°1 est déjà indisponible depuis plusieurs mois pour des opérations de maintenance et de remplacement du combustible. Toute la production repose donc actuellement sur le réacteur n°2.
Celui-ci avait déjà été arrêté une première fois entre le 23 juin et le 3 juillet à cause de la chaleur exceptionnelle. Il avait ensuite dû être de nouveau stoppé le 9 juillet, avant d’être reconnecté au réseau électrique national le 26 juillet à 3h47. Mais cette reprise avait été de courte durée.
Dès le 29 juillet à 23h45, EDF avait une nouvelle fois arrêté le réacteur n°2 en anticipation d’une température de la Garonne devant atteindre les 28 °C.
Il s’agissait déjà du troisième arrêt lié aux fortes chaleurs depuis le début de l’été. À peine redémarrée, l’installation est donc une nouvelle fois confrontée aux mêmes contraintes environnementales avec le nouvel épisode caniculaire. Ces arrêts ne sont pas provoqués par une panne ou un problème de sûreté nucléaire.
Il s’agit de décisions prises afin de respecter les limites réglementaires concernant la température du fleuve. Les centrales nucléaires installées le long des cours d’eau sont particulièrement sensibles aux périodes de fortes chaleurs, car elles ont besoin d’importantes quantités d’eau pour assurer leur refroidissement.
D’autres centrales françaises, notamment celles du Bugey, de Chooz ou de Nogent-sur-Seine, ont également dû réduire leur production ou arrêter certains réacteurs au cours de l’été en raison des conditions climatiques. Malgré ces limitations, leur impact sur la production nucléaire française reste généralement relativement faible à l’échelle d’une année.
Mais la multiplication des épisodes de chaleur pose désormais la question de l’adaptation à long terme du parc nucléaire français au réchauffement climatique. À Golfech, la reprise de la production dépendra désormais essentiellement de la baisse durable de la température de la Garonne.
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