Au delà de l'affaire elle-même, l'omerta médiatique autour de la journaliste Émilie Tran Nguyen de France 5 interroge sur la "protection" dont bénéficient certaines personnalités contrairement à d'autres. Mais ce qui est également troublant, c'est quand les autorités judiciaires ont été interrogées au début de cette affaire, révélée par le spécialiste média Clément Garin, la Parquet a répondu ne pas trouver trace de cette affaire.
Mais désormais, l'affaire étant publique, le Parquet a de nouveau été interrogé, cette fois par le site ASI, pour savoir pourquoi, il n'avait pas confirmé l'information, il y a plus d'une semaine.
La réponse est pour le moins surprenante puisque "après de nouvelles vérifications" le Parquet affirme que au moment où il a été interrogé, "la procédure n’était pas arrivée au tribunal et n’avait donc pas été enregistrée".
Interrogé par jeanmarcmorandini.com à la suite de cette réponse, un avocat nous explique être très surpris par cette réponse car le Parquet ne pouvait pas ignorer l'affaire, à partir du moment où une garde à vue avait été décidée.
Cet avocat nous détaille en effet la procédure qui passe obligatoirement, dès le début de la garde à vue par une information du Parquet :
"Une garde à vue est placée sous le contrôle du procureur : celui-ci doit normalement être informé dès le début de la mesure et décide notamment de sa prolongation ou de l’orientation donnée à l’affaire. On ne peut donc pas comprendre que le parquet affirme qu'il ignorait totalement la procédure.
En revanche, il est possible que le dossier écrit complet établi par la police — procès-verbaux, auditions, analyses et pièces — n’ait pas encore été transmis ou enregistré informatiquement au tribunal. Il peut exister un décalage de plusieurs jours ou semaines entre la garde à vue, la décision prise par le magistrat de permanence et l’arrivée administrative du dossier au service qui répond ensuite aux journalistes.
Dans ce cas précis, le fait qu’Émilie Tran Nguyen ait reçu une convocation en vue de la notification d’une ordonnance pénale montre nécessairement qu’une orientation judiciaire a déjà été décidée. L’ordonnance pénale est une procédure simplifiée choisie par le parquet qui a donc pris cette décision en connaissant le dossier".