23/02 18:01

Les députés adoptent un nouvel amendement permettant à un malade demandant l'aide à mourir de choisir de confier à un soignant l'administration de la substance léthale, plutôt que de se l'administrer elle-même

Les députés ont adopté aujourd'hui un nouvel amendement permettant à un malade demandant l'aide à mourir de choisir de confier à un soignant l'administration de la substance léthale, plutôt que de se l'administrer elle-même.

Dans le texte adopté en première lecture, en mai, le principe repose sur le suicide assisté: le malade doit s'administrer lui-même le produit. L'euthanasie n'est envisagé qu'à titre exceptionnel, lorsque la personne "n'est physiquement pas en mesure" de se l'administrer elle-même.

Malgré l'opposition du gouvernement et du rapporteur général, Olivier Falorni, l'amendement défendu par des députés de gauche mais aussi de Renaissance et du groupe Liot a été adopté par 57 voix contre 51.

Deux amendements comparables ont déjà été adoptés la semaine dernière lors de l'examen des premiers articles du texte, où cette question est mentionnée à divers endroits.

Comme pour ceux-là, une seconde délibération a été demandée. Elles interviendront à la fin de l'examen de la proposition de loi, avant le vote solennel prévu mardi.

La députée écologiste Sandrine Rousseau a défendu le libre choix, "une manière de libérer son esprit, d'être serein au moment" de l'administration, "de ne pas avoir peur de faire le mauvais geste (...), d'être concentré sur l'amour de ses proches ou cette vie que l'on quitte" et pas sur le geste.

Olivier Falorni, auteur de la proposition de loi, a indiqué qu'il était, à titre personnel, favorable à ce que le patient puisse déléguer le geste. Mais il a estimé que cette évolution risquait de fragiliser l'équilibre global du texte et de compromettre l'obtention d'une majorité.

Pour la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, l'autonomie constitue la "philosophie" de ce texte. "Sans cette auto-administration, le sens du texte sera transformé", a-t-elle prévenu.

Le député LR Patrick Hetzel, farouche opposant au texte, a dénoncé "une véritable dérive qui est en train, au fil des amendements, de s'installer", disant espérer que cela aura "une incidence" sur le vote de certains députés mardi.

Ça peut vous interesser

Ailleurs sur le web

Vos réactions