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Trois recours déposés contre des arrêtés préfectoraux des Vosges et du Gard autorisant Nestlé Waters à utiliser des filtres désinfectants pour produire des eaux présentées comme "naturelles"

Trois recours ont été déposés par Bonneval Emergence, entreprise d’eaux minérales, contre des arrêtés préfectoraux des Vosges et du Gard autorisant Nestlé Waters à utiliser des filtres désinfectants pour produire des eaux ensuite présentées comme « naturelles », a indiqué l’entreprise savoyarde dans un communiqué mardi.

Selon Bonneval, ces arrêtés engendrent « une confusion pour le consommateur car ils ne permettent plus de faire la différence entre une eau filtrée par des procédés industriels et une eau entièrement issue de la nature ».

Dans des documents que l’AFP a pu consulter, Bonneval menace les préfectures, « à défaut de retrait dans un délai de deux mois », de saisir la justice administrative.

Nestlé Waters est au coeur d’un scandale depuis qu’il a admis, début 2024, avoir utilisé par le passé des traitements interdits (charbon, UV) pour ses eaux.

Depuis, le géant agroalimentaire qui produit en France les eaux Perrier, Vittel, Contrex ou encore Hépar, a remplacé les traitements interdits par une microfiltration à 0,2 micron dont la légalité a été contestée, l’eau minérale naturelle ne pouvant faire l’objet de désinfection ou traitement de nature à modifier ses caractéristiques, sauf exception pour retirer du fer ou du manganèse considérés comme nocifs.

Nestlé Waters est ensuite passé à une microfiltration à 0,45 micron, ce qui l’a contraint à déposer en juillet de nouvelles demandes d’autorisation préfectorales pour pouvoir continuer à utiliser l’appellation « eau minérale naturelle ».

Ces autorisations lui ont été accordées fin 2025 par le préfet du Gard pour ses forages « Romaine VI » et « Romaine VII » près de Vergèze, pour la marque Source Perrier, et par le préfet des Vosges sur les captages des eaux Contrex et Hépar.

Ces filtrages doivent servir, indique la préfecture des Vosges, à « la séparation des éléments instables: particules fines sablo-argileuses (...), particules physiques ou issues de biofilm pouvant être naturellement présentes dans les ressources, particules issues du traitement du manganèse ».

Mais l’autorisation est soumise à la condition que la filtration « ne modifie pas l’eau minérale naturelle dans ses constituants essentiels et n’a(it) pas pour objet de modifier les caractéristiques microbiologiques de l’eau », prévient l’État, qui oblige Nestlé Waters à contrôler la présence de micro-organismes dans l’eau avant et après chaque point de filtrage.

« En approuvant, même conditionnellement, l’usage de cette microfiltration, les arrêtés préfectoraux ouvrent la voie à la commercialisation, sous l’appellation "eau minérale naturelle", d’une eau traitée comparable à de l’eau du robinet, vendue jusqu’à 150 fois plus cher », dénonce Bonneval.

En octobre, Bonneval Emergence avait assigné son concurrent Nestlé Waters devant le tribunal de Nanterre pour concurrence déloyale, lui réclamant un peu plus de 1,3 milliard d’euros (1,6 milliard avec les intérêts) au titre du préjudice économique subi.

Contacté par l’AFP, Nestlé Waters a déclaré avoir « pris acte de cette assignation déposée sur des motifs que nous estimons totalement infondés » et annonce qu’il défendra « vigoureusement (sa) position ».

 

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Vos réactions

Portrait de MacPhisto
11/février/2026 - 09h21

Encore Bravo à notre pays, surement pour les remercier, pardon, les dédommager pour leurs bonnes pizza Buitoni!

Portrait de Touché01
11/février/2026 - 08h28

« En approuvant, même conditionnellement, l’usage de cette microfiltration, les arrêtés préfectoraux ouvrent la voie à la commercialisation, sous l’appellation "eau minérale naturelle", d’une eau traitée comparable à de l’eau du robinet, vendue jusqu’à 150 fois plus cher 

Non, c'est la minéralisation qui est naturelle. L'eau du robinet n'a pas ces minéraux.

Mais je rejetterai les recours sur la règle : pas d'intérêt, pas d'action. Bonneval ne pose pas quel est son intérêt dans ces recours.