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Le général Philippe Morillon est mort à l’âge de 90 ans, laissant l’image d’un officier français profondément marqué par les grandes crises internationales de la fin du XXᵉ siècle

Le général Philippe Morillon est mort à l’âge de 90 ans, laissant l’image d’un officier français profondément marqué par les grandes crises internationales de la fin du XXᵉ siècle. Né en 1935, formé à Saint-Cyr, il s’engage très tôt dans une carrière militaire exigeante, forgée par le sens du devoir et la discipline. Il sert notamment pendant la guerre d’Algérie avant de gravir les échelons de l’armée de Terre. Officier d’état-major reconnu, il accède aux plus hautes responsabilités opérationnelles. Son nom reste indissociable de la guerre en ex-Yougoslavie.

Au début des années 1990, il prend le commandement des forces de l’ONU en Bosnie. Sur le terrain, il se retrouve confronté à une guerre brutale, à des populations civiles prises au piège et à des mandats internationaux limités. À Sarajevo et dans les enclaves assiégées, il incarne une présence militaire visible et assumée.

Ses prises de position publiques marquent les esprits, mêlant fermeté, émotion et engagement personnel. Cette période fait de lui une figure connue du grand public, parfois saluée, parfois critiquée.

Après avoir quitté le commandement opérationnel, il termine sa carrière avec le grade de général de corps d’armée. Philippe Morillon choisit ensuite de s’engager en politique.

Il devient député européen, mettant son expérience militaire au service des questions de défense et de sécurité.

Au Parlement, il plaide pour une Europe plus lucide face aux conflits et aux enjeux stratégiques. Décoré des plus hautes distinctions françaises, il reste attaché à la notion d’honneur militaire.

Ses proches décrivent un homme direct, exigeant, mais profondément humain.

Le général Morillon assumait ses choix, y compris lorsqu’ils suscitaient la controverse. Sa disparition referme un chapitre de l’histoire militaire française contemporaine. Il laisse le souvenir d’un chef engagé, confronté aux limites de l’action internationale. Un soldat qui aura tenté, jusqu’au bout, de placer l’humain au cœur de la guerre.

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Vos réactions

Portrait de Touché01
31/janvier/2026 - 11h40

Figure exemplaire en France, mais c'est diffèrent en ex Yougoslavie.

En 1993, il entre à Srebrenica et prononce la phrase qui le rendit célèbre « Je ne vous abandonnerai jamais » ... mais il les a abandonné et failli à sa parole. Il est donc mal vu des bosniaques (15 ans plus tard les « Mères de Srebrenica » l'empêcheront d'accéder au mémorial du génocide). Il est encore plus mal vu des serbes ...