Emmanuel Grégoire L'Arcom, l'autorité régulatrice de l'audiovisuel, a promis vendredi d'être "vigilante" sur le pluralisme en amont des scrutins municipaux des 15 et 22 mars, en détaillant les règles visant à garantir "l'équité" dans les médias pendant la campagne.
A partir du 2 février, les médias audiovisuels devront comptabiliser le temps de parole accordé aux personnalités politiques et, dès le 16 février, transmettre des relevés hebdomadaires afin que l'Arcom s'assure du "traitement équitable" entre les formations en fonction notamment de leur représentativité, a expliqué le régulateur, qui publiera ces relevés.
"On voit dans notre monde qui est en pleine ébullition à quel point toutes ces règles, qui parfois paraissent effectivement un peu archaïques, sont en fait de plus en plus importantes", a affirmé Catherine Jentile de Canecaude, membre du collège de l'Arcom. "Soyons d'autant plus vigilants", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse.
L'Arcom, qui a un pouvoir de sanctions, aura aussi pour mission de s'assurer de "la qualité, la fiabilité de l'information", "exigence très importante en période électorale", a indiqué son président Martin Ajdari.
En plein débat sur le pluralisme dans les médias, le dirigeant a reconnu que ce cadre pouvait "être vécu comme très contraignant" par les rédactions. Mais cela permet selon lui de "protéger" télés et radios "contre les désordres informationnels, la polarisation que l'on peut observer par ailleurs", sans empiéter sur "leur liberté éditoriale". Réseaux sociaux et plateformes ne seront, eux, pas tenus au pluralisme mais restent soumis au code électoral qui impose notamment un "silence électoral" 48 heures avant le scrutin et encadre l'utilisation des sondages. P
our faire respecter ces règles, "on mobilise les réseaux sociaux pour qu'ils forment leurs modérateurs" et qu'ils soient "proactifs" pour informer les influenceurs les plus suivis, a expliqué Benoît Loutrel, autre membre du collège de l'Arcom. Une grande attention sera également portée sur toute tentative d'ingérence numérique, a-t-il expliqué.
"On se prépare toujours au pire", a assuré M. Loutrel. "Il faut qu'on apprenne à travailler (avec les plateformes, ndlr) pour savoir faire face aux péripéties éventuelles qui peuvent avoir lieu dans l'espace numérique", a-t-il ajouté, évoquant le précédent de la présidentielle en Roumanie, annulée fin 2024 après la mise au jour d'une opération en ligne visant à mettre en valeur le candidat d'extrême droite.
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Pourquoi à la suite des polémiques récentes? Faut-il comprendre que l'ARCOM n'était pas particulièrement vigilante auparavant, alors que c'est en principe le but de cet organisme de contrôler ce que produisent les différentes chaînes. Ou faut-il aussi comprendre que leurs décisions étaient orientées et concernaient principalement et plus sévèrement celles et ceux qui n'étaient pas dans leur mouvance de pensées ? On commence à s'en rendre compte, avec les traitements radicalement différents infligés à C8 (fortes amendes jusqu'à la fermeture pure et simple) par rapport au Service public type France2 ou FranceInter, qui elles recoivent des "recommandations", des "attention, on l'a vu et ne recommencez pas" avec le foutage de gueule intégral de la très violente punition du 1 Euro à titre de sanction financière.
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