12/11 18:01

La suspension de la réforme des retraites adoptée avec 255 voix pour et 146 contre - "C'est une victoire", salue Olivier Faure - Bruno Retailleau dénonce "une décision irresponsable"

18h00: «L’Assemblée nationale vient de retirer un morceau de scotch sur un système des retraites qui prend l’eau de toute part», fustige Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République. «La natalité baisse, alors que l’espérance de vie s’allonge. Ce n’est plus les paramètres qu’il faut changer, mais le système tout entier», a déclaré l'ancien premier ministre.

17h53: Bruno Retailleau réagit vivement sur X et ne cache pas sa colère: "Cette suspension de la réforme des retraites est une capitulation. Je suis effaré par la lâcheté du gouvernement, qui vient de sacrifier l’avenir de nos jeunes générations sur l’autel de sa survie politique.

Cette décision irresponsable, prise sous le diktat du PS avec la complicité du RN, va coûter des milliards à la France. Après les folies fiscales de la semaine dernière, le délire continue."

 

 

17h37: "C'est une victoire d'étape, le totem absolu de la macronie a été ébranlé", confie le patron des députés socialistes, Olivier Faure, qui admet "regretter" que toute la gauche n'ait pas été alignée sur ce sujet.

Et d'assurer que la question des retraites "sera un des débats majeurs de l'élection présidentielle de 2027."

17h33: La suspension de la réforme des retraites adoptée par les députés à l'Assemblée Nationale. 

L'Assemblée nationale adopte largement l'article 45 bis du PLFSS, qui porte la suspension de la réforme des retraites, à 255 voix pour et 146 contre.

16h58La suspension de la réforme des retraites de 2023, dont l'examen a enfin débuté à l'Assemblée, a de grandes chances d'être votée ce mercredi, même si les échanges s'annoncent houleux à gauche.

Les députés ont commencé à débattre de l'article du projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui suspend jusqu'à janvier 2028 la marche en avant vers les 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser.

Concrètement, la génération née en 1964 partirait à 62 ans et 9 mois (comme la précédente) au lieu des 63 ans prévus par la réforme. Ces assurés partiraient avec 170 trimestres cotisés au lieu de 171.

Si aucune autre réforme n'était votée après la présidentielle, l'application de la réforme Borne reprendrait ensuite, avec un trimestre de décalage.

Pour s'assurer du vote des socialistes, voire de certains écologistes et communistes, le gouvernement a déposé un amendement pour élargir cette suspension, notamment aux carrières longues, aux catégories "actives" et "superactives" de la fonction publique (pompiers, aides-soignantes...) et aux personnes nées au premier trimestre 1965.

Une ouverture qui a un coût : évaluée à 100 millions d'euros en 2026 et 1,4 milliard en 2027 par le gouvernement, la suspension coûterait avec l'élargissement 300 millions en 2026 et 1,9 milliard en 2027. Elle pourrait être financée par une hausse de la CSG sur les revenus du capital votée dans le même budget.

Et si les socialistes ne boudent pas leur plaisir d'avoir réussi à faire bouger Emmanuel Macron sur sa principale réforme du second quinquennat, les Insoumis restent vent debout contre "une trahison" du PS sur "l'abrogation" de la réforme, revendiquée par le Nouveau Front populaire aux législatives-2024.

"Nous ne voterons pas cette compromission PS-Lecornu !", dénonce Eric Coquerel (LFI) selon qui voter "ce décalage de 3 mois" revient à valider de facto aussi pour la première fois l'âge légal de 64 ans.

Le "rapport de force, il porte ses fruits", se réjouit au contraire Jérôme Guedj (PS).

Une ligne de partage qui divise aussi les syndicats, la CFDT ayant salué une "vraie victoire", quand la CGT fustige un "simple décalage".

De quoi susciter des interrogations à gauche. Les écologistes voteront pour. Les députés communistes voteront majoritairement contre ce qu'ils considèrent comme un simple "décalage" et non une "suspension", selon leur président Stéphane Peu.

Pour des raisons diamétralement opposées, une majorité du groupe LR devrait s'opposer à cette suspension, à l'instar des députés Horizons d'Édouard Philippe, qui a désapprouvé une concession "trop importante" au PS.

Ces oppositions ne suffiront pas car "tous les députés RN" voteront pour la suspension, selon leur cheffe de file Marine Le Pen.

Et les députés Renaissance s'abstiendront majoritairement, souvent à contrecœur, pour ne pas faire dérailler l'accord avec les socialistes. "Cinq ou six" devraient voter contre, selon une source au groupe.

Le chemin sera de toute façon encore long pour l'adoption finale de cette suspension, qui sera accueillie en terrain hostile au Sénat, probablement à partir de samedi.

En raison du retard accumulé, les députés n'auront peut-être pas la possibilité de voter en première lecture sur l'ensemble du budget de la Sécurité sociale, dont l'examen doit s'achever à ce stade mercredi à minuit, avec près de 400 amendements encore à examiner.

Y a-t-il encore une chance d'aller au vote ? "Non", estimait sobrement un député PS mercredi matin. "On peut continuer" les débats au-delà de minuit, insiste le député LFI Hadrien Clouet, interpellant le gouvernement, arguant que ce dernier peut à partir de minuit transmettre le texte au Sénat, mais n'est pas obligé de le faire.

Les Insoumis estiment que socialistes et gouvernement se sont entendus pour jouer la montre pour ne pas prendre le risque d'un rejet du budget dans l'hémicycle.

Car, si le RN vote pour la suspension de la réforme des retraites, il entend voter contre le texte dans son ensemble avec la suspension incluse.

Cela pourrait contraindre les socialistes à voter avec les macronistes en faveur du texte global alors qu'ils préfèreraient s'abstenir, n'en cautionnant pas toutes les mesures.

En l'absence de vote, le texte sera quoi qu'il arrive transmis au Sénat et le gouvernement s'est engagé à envoyé la copie de l'Assemblée, dans son état au moment de l'interruption des débats.

09h56: Exigée par les socialistes pour ne pas censurer le gouvernement Lecornu, la suspension de la réforme des retraites est enfin débattue mercredi à l’Assemblée et devrait être approuvée en première lecture, même si les échanges s’annoncent houleux à gauche.

Vers 15H00, les députés commenceront à débattre en priorité de l’article du projet de loi de financement de la Sécurité sociale qui suspend jusqu’à janvier 2028 la marche en avant vers les 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser.

Concrètement, la génération née en 1964 partirait à 62 ans et 9 mois (comme la précédente) au lieu des 63 ans prévus par la réforme. Ces assurés partiraient avec 170 trimestres cotisés au lieu de 171.

Si aucune autre réforme n’était votée après la présidentielle, l’application de la réforme Borne reprendrait ensuite, avec un trimestre de décalage.

En échange de leur non-censure au début des débats budgétaires, les socialistes ne boudent pas leur plaisir d’avoir réussi à faire bouger Emmanuel Macron, jusque là inflexible sur la principale réforme de son second quinquennat en dépit des nombreuses manifestations.

« Ce rapport de force, il porte ses fruits », se réjouit le député Jérôme Guedj (PS).

D’autant que, pour s’assurer du vote des socialistes, et peut-être de certains écologistes et communistes, le gouvernement a déposé un amendement pour élargir cette suspension aux carrières longues, aux catégories « actives » et « superactives » de la fonction publique (pompiers, aides-soignantes...) et aux personnes nées au cours du premier trimestre 1965.

Cela ne suffira pas pour obtenir le soutien des Insoumis, vent debout contre « une trahison » du PS sur « l’abrogation » de la réforme, revendiquée par le Nouveau Front populaire aux législatives de 2024. 

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Vos réactions

Portrait de lg22
12/novembre/2025 - 19h09

Les socialistes ont vendu leur ame pour qu une classe d age gagne trois mois de travail....A moins que ce ne soit pour preserver leur poste.....

Portrait de camille352
12/novembre/2025 - 17h54

On marche sur la tête dans ce pays.

Magouilles politiciennes qui seront retoquées au Sénat et passeront par ordonnance.

 

Portrait de Reconquête_2027
12/novembre/2025 - 10h27

Quelques milliers d'euros gagnés pour les personnes nées en 1964, plus de précarité à venir pour tous les autres (dette publique, déficit, taxes...) C'est la logique de gauche.