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Affaire du petit Grégory: Jacqueline Jacob, grand-tante de l’enfant, est mise en examen - "Aucune détention provisoire ne me paraît nécessaire dans cette procédure" (Procureur)

15h26: Le procureur général de Dijon, Philippe Astruc, s'exprime après la mise en examen de Jacqueline Jacob.

Il s'agit d"une nouvelle étape importante" dans cette affaire, souligne-t-il en préambule. "Concrètement, la chambre de l'instruction lui reproche d'avoir participé entre 1982 et 1984 à un groupement ou une entente en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes ou délits ayant débouchés sur l'enlèvement de Grégory".

Avant de détailler les multiples "indices graves et concordants" retenus par la chambre de l'instruction "propres à mettre Jacqueline Jacob en examen", dont les diverses expertises en comparaison d'écriture réalisées en 1991 et 2017 estimant qu'elle pouvait être autrice de lettres anonymes envoyées aux Villemin.

Et de citer également une expertise en stylométrie de 2021.

Philippe Astruc évoque également "la reconnaissance par son beau-frère de sa voix comme étant celle du corbeau", "la concordance entre ses appels téléphonique et son emploi du temps", et "le témoignage d'un proche qui a indiqué qu'il était possible qu'elle se soit absentée".

La grand-tante de Grégory Villemin a été mise en examen pour "association de malfaiteurs criminelle" mais le procureur général estime qu'il y a un débat sur la qualification de ces faits.

"Il y a un risque juridique qui mériterait d'être levé. C'est une procédure de 41 ans, il y a eu beaucoup de pièces, d'actes annulés, parfois pour des questions de procédure, pour des irrégularités juridiques, il me paraît souhaitable que nous puissions avancer de la manière la plus sécure", a-t-il déclaré à la presse. "

"Je vous ai dit, l'analyse du ministère public, il nous paraît souhaitable que nous puissions trancher cette question".

"On a le droit de continuer à investiguer" sur les faits criminels, "c'est ce que fait la chambre de l'inscription de Dijon avec beaucoup d'implication".

"Aucune détention provisoire ne me paraît nécessaire dans cette procédure", a-t-il confié, avant de préciser ne pas envisager de "solliciter d'autres mesures qu'un contrôle judiciaire minimal".

12h56: Soupçonnée d’être l’un des corbeaux qui a menacé la famille du petit Grégory, tué à l’âge de 4 ans il y a 41 ans, sa grand-tante Jacqueline Jacob a été mise en examen mais laissée libre, vendredi à Dijon, ont annoncé ses avocats.

Âgée de 81 ans, « Jacqueline Jacob a été mise en examen pour association de malfaiteurs », a indiqué Me Stéphane Giuranna, un des trois avocats de Mme Jacob, après plus d’une heure et demie d’interrogatoire à la cour d’appel de Dijon.

La grand-tante est soupçonnée d’être l’un des corbeaux - il y en aurait cinq selon une expertise - qui ont menacé pendant des années la famille de Grégory Villemin. 

Le juge d’instruction qui a interrogé la grand-tante « nous a dit qu’il n’avait pas le choix » de la mise en examen, a précisé Me Giuranna lors d’un point presse, ajoutant que la défense allait faire appel « sur la forme et sur le fond ».

Mme Jacob ressort « sans aucune mesure de coercition ni même un contrôle judiciaire », a-t-il ajouté. « C’est donc quand même que la justice se dit qu’effectivement, ça pèse pas bien lourd et que ça vaut pas tripette », a martelé l’avocat, rappelant par exemple qu’une expertise vocale a déjà déterminé que le corbeau est « un homme âgé de 45 à 55 ans ».

La grand-tante « a répondu à toutes les questions » et « n’a jamais été prise au dépourvu », a-t-il asséné. « L’audition s’est très bien passée », a assuré un autre avocat de Mme Jacob, Alexandre Bouthier, estimant que « la justice n’apprend pas de ses erreurs », notamment quand Mme Jacob avait déjà été mise en examen, en 2017, alors pour « enlèvement et séquestration suivie de mort », et même emprisonnée durant quatre jours.

Cette mise en examen avait cependant été annulée en mai 2018, pour un vice de forme, dans un énième couac de cette laborieuse enquête.

Me Bouthier a qualifié de « gadget » les études de stylométrie, technique qui s’attache à analyser l’orthographe et les tournures de phrases, et qui, selon les juges enquêteurs, attribuent à Mme Jacob trois courriers anonymes de 1983, dont celui du 4 mars qui menace directement les Villemin. « Je vous ferez votre peau » (sic), y était-il écrit.

« Dans quelques mois, les experts en ADN ont prévu de dire qu’ils seraient capables de démêler les ADN mélangés » qui se trouvent notamment sur les cordelettes ayant entouré le petit Grégory, retrouvé pieds et mains liés, ainsi que la lettre de revendication, a poursuivi Me Giuranna.

Les juges « auraient pu attendre quelques mois avant de réouvrir ce dossier. Je crois qu’il faut qu’on fasse tous, vous compris d’ailleurs, et nous compris, preuves de prudence dans ce dossier », a-t-il dit.

 

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Vos réactions

Portrait de Bord de Lac
5/novembre/2025 - 17h37

Quel fiasco !

Portrait de Touché01
24/octobre/2025 - 16h26

"Aucune détention provisoire ne me paraît nécessaire dans cette procédure"

C'est surtout qu'il n'aurait JAMAIS passé le barrage des juges des libertés. Pas pour une personne de 81 ans avec zero risque de fuites à l'etranger