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Deux policiers condamnés à respectivement cinq et six mois de prison avec sursis à Marseille pour des violences sur deux jeunes manifestants

Deux policiers ont été condamnés à respectivement cinq et six mois de prison avec sursis à Marseille pour des violences sur deux jeunes manifestants lors de la dispersion d'un cortège en marge de la lutte contre le projet de réforme des retraites en 2023.

Les condamnations sont conformes aux peines requises lors d'une audience en mars, au cours de laquelle Sylvie Odier, procureure-adjointe au tribunal judiciaire de Marseille, avait dénoncé des "violences illégitimes".

Le tribunal a estimé vendredi que les violences commises étaient bien "disproportionnées".

"C'est lapidaire comme motivation, bien entendu. Donc c'est difficile d'émettre un avis juridique, parce qu'on ne connaît pas parfaitement la motivation du magistrat", a réagi Me Sandrine Pauzano, avocate d'un des deux policiers, affirmant qu'au contraire les "violences étaient légitimes".

Le 28 mars 2023, vers 20h00, environ 300 personnes manifestaient près de la gare Saint-Charles, un défilé émaillé de dégradations de mobilier urbain, de feux de poubelles et de jets de projectiles sur la trentaine de policiers mobilisés.

Alors que les sommations de dispersion avaient été lancées, un jeune couple avait été violemment intercepté.

Les deux policiers n'ont pas contesté avoir fait usage de leur bouclier et de leur bâton de police "dans les parties molles du corps", pour arrêter le jeune homme et la jeune fille, détentrice d'un mégaphone.

"On n'agit que sur ordre et quand on crie +Reculez ! Personne ne passe !+, il faut obéir", avait expliqué un des prévenus.

Mme Odier avait indiqué que le couple ne faisait pas partie du "noyau dur" de la manifestation et qu'"ils ne savaient pas qu'ils n'avaient pas le droit de passer" quand les policiers leur ont barré la route.

Les deux jeunes, aujourd'hui parties civiles, avaient quant à eux dit leur sentiment d'avoir "été nassés", alors qu'ils avaient décidé de rentrer chez eux.

Les deux policiers ont été reconnus "coupables de violences volontaires aggravées". Compte tenu de la personnalité des prévenus, le tribunal a cependant écarté l'interdiction de détenir une arme.

Quant à l'examen des dommages et intérêts, il a été renvoyé à une audience le 9 mai 2025.

Les deux policiers ont "exécuté les ordres" qu'ils avaient reçus, et "il y a même un commissaire de police qui s'est déplacé à l'audience" pour dire, "après examen de la vidéo, que les gestes des fonctionnaires de police qui étaient poursuivis ne lui paraissaient pas disproportionnés", a souligné Me Pauzano.

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