19/05 15:31

Suède: Tempête politique autour de la révélation par une chaîne de télévision d'une "usine à trolls" de l'extrême droite sur les réseaux sociaux

Une chaîne de télévision suédoise a révélé que l'extrême droite des Démocrates de Suède (SD), qui soutient le gouvernement, avait recours à une vingtaine de comptes anonymes sur les réseaux sociaux pour dénigrer l'opposition mais aussi les dirigeants de la majorité.

Un journaliste de l'émission d'investigation Kalla fakta ("faits bruts", en suédois) de la chaine TV4 a identifié 23 comptes sur les réseaux sociaux censés être contrôlés par le service communication du parti d'extrême droite, lors d'une enquête de plusieurs mois en caméra cachée.

Le parti a en outre recours à l'intelligence artificielle pour attribuer à des personnalités politiques des propos qu'elles n'auraient jamais tenus, à l'image de fausses déclarations sur les gangs prêtées sur un compte Tiktok à Magdalena Andersson, cheffe de file de l'opposition. Depuis les premières révélations de cette enquête, dont le premier épisode est sorti le 7 mai, les critiques pleuvent sur le Premier ministre Ulf Kristersson et son gouvernement, accusés de ne pas vouloir prendre de mesures concrètes pour mettre le parti d'extrême droite devant ses responsabilités.

"Kristersson montre qu'il ne se soucie pas de protéger la démocratie suédoise contre le sabotage permanent des Démocrates de Suède. Il n'est pas prêt à risquer le soutien de SD et donc son propre poste de premier ministre", a fustigé dans un éditorial le quotidien Dagens Nyheter. L'enquête montre que les comptes sont aussi utilisés contre les autres partis de la coalition au pouvoir soutenue par SD. L'un de ces comptes a diffusé un clip ridiculisant le dirigeant du parti des Libéraux et ministre de l'Emploi, Johan Pehrson. Dans une discussion avec un journaliste de TV4, un employé du service communication du parti qualifie lui-même l'organisation "d'usine à trolls".

M. Kristersson a exhorté le parti d'extrême droite à répondre aux questions sur ces "pratiques dangereuses". "Je suis tout à fait opposé à la diffamation des opposants politiques et des partis de coalition. Je suis extrêmement opposé aux comptes de trolls, cela peut être très dangereux", a dit le chef du gouvernement lors d'une conférence de presse avec le chancelier allemand Olaf Scholz. "J'attends des réponses sérieuses, qu'ils puissent montrer ce qui s'est passé et s'excuser s'ils ont sali d'autres personnes", a-t-il ajouté.

Le chef de file du parti d'extrême droite, Jimmie Akesson, a qualifié l'enquête d'"opération d'influence intérieure", dans une vidéo sur YouTube. "Il s'agit d'une opération d'influence nationale menée par l'ensemble de l'establishment gaucho-libéral", a-t-il affirmé.

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Vos réactions

Portrait de Alexshe
19/mai/2024 - 16h49

23 comptes ? si avec tout ça ils renversent pas le pays.... !

Portrait de YVESM
19/mai/2024 - 15h41

Amateurs.

Nous, en France, on est une “usine” à OQTF.