14/05/2024 11:26

Nouvelle-Calédonie: Gérald Darmanin annonce 82 interpellations lors des émeutes et 54 policiers et gendarmes blessés - "La priorité, c’est de rétablir l’ordre, le calme et la sérénité" (Gabriel Attal) - VIDEO

11h26: Les premières altercations entre manifestants et forces de l'ordre ont commencé dans la journée de lundi, en marge d'une mobilisation indépendantiste contre la réforme constitutionnelle examinée à Paris à l'Assemblée nationale, qui vise à élargir le corps électoral aux élections provinciales, cruciales en Nouvelle-Calédonie.

Les indépendantistes estiment que ce dégel risque de "minoriser encore plus le peuple autochtone kanak". M. Le Franc a rapporté "des tirs tendus avec des armes de gros calibre, des carabines de grande chasse, sur les gendarmes" dans la nuit de lundi à mardi dans la commune du Mont-Dore, au sud-est de Nouméa.

Dans les quartiers nord de Nouméa, le représentant de l'Etat a déploré "des destructions de commerces, de pharmacies et de domiciles". "On a malheureusement pu constater des exfiltrations d'habitants de leur domicile pour qu'ensuite leur domicile soit brûlé", a ajouté Louis Le Franc.

10h43: « La violence n’est jamais justifiée ni justifiable », a estimé Gabriel Attal mardi à propos des violences qui secouent depuis deux jours la Nouvelle-Calédonie, avant le vote des députés sur une révision constitutionnelle décriée par les indépendantistes. « La priorité, évidemment, pour nous, c’est de rétablir l’ordre, le calme et la sérénité », a ajouté le Premier ministre en marge d’un déplacement en Savoie.

Gabriel Attal, pressé par trois de ses prédécesseurs de reprendre la main sur ce dossier piloté historiquement par Matignon, a aussi assuré qu’il « serait au rendez-vous (...) pour avancer dans le dialogue » sur ce dossier très sensible. Malgré les violences, le vote sur la réforme constitutionnelle contestée est toujours prévu mardi à l’Assemblée nationale, a appris l’AFP de source parlementaire.

« Je crois, je le disais à l’instant, au dialogue. Je crois aussi à la force de nos institutions », a justifié Gabriel Attal. « Il faut que nos institutions puissent continuer à travailler, à légiférer. C’est leur rôle. Notamment sur un texte qui (...) a fait l’objet d’un processus démocratique », a-t-il ajouté.

09h53: Le point sur ce que l'on sait ce matin

Magasins pillés, maisons incendiées, tirs sur les gendarmes: la violence s’est déchaînée dans la nuit de lundi à mardi en Nouvelle-Calédonie avant le vote des députés sur une révision constitutionnelle décriée par les indépendantistes. Le représentant de l’Etat dans l’archipel français du Pacifique sud, Louis Le Franc, a décrété le couvre-feu pour la nuit de mardi à mercredi dans l’agglomération de Nouméa.

« On n’a pas de morts, il n’y a pas de blessés graves pour l’instant, il y aurait pu y en avoir », a déclaré le haut-commissaire de la République devant la presse en appelant au calme. Le président indépendantiste du gouvernement du territoire, Louis Mapou, a lui aussi exhorté la population « au calme et à la raison ».

Les premières altercations entre manifestants et forces de l’ordre ont commencé dans la journée de lundi, en marge d’une mobilisation indépendantiste contre la réforme constitutionnelle examinée à Paris à l’Assemblée nationale, qui vise à élargir le corps électoral aux élections provinciales, cruciales en Nouvelle-Calédonie. Les indépendantistes estiment que ce dégel risque de « minoriser encore plus le peuple autochtone kanak ».

M. Le Franc a rapporté « des tirs tendus avec des armes de gros calibre, des carabines de grande chasse, sur les gendarmes » dans la nuit de lundi à mardi dans la commune du Mont-Dore, au sud-est de Nouméa.

Dans les quartiers nord de Nouméa, le représentant de l’Etat a déploré « des destructions de commerces, de pharmacies et de domiciles ».

09h34: Un total de 82 personnes ont été interpellées ces deux derniers jours lors des violences survenues en Nouvelle-Calédonie, a annoncé mardi le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer Gérald Darmanin. Le ministre a « condamné de façon extrêmement forte » ces violences, qu’il a qualifiées d’« émeutes commises par des délinquants, parfois par des criminels ».

Du côté des forces de l’ordre, 54 gendarmes et policiers ont été blessés, dont certains « gravement », a ajouté le ministre devant la presse. Il y a eu des « volontés de mettre le feu, de tirer à balles réelles » sur les gendarmes, a poursuivi M. Darmanin, ajoutant que « des familles de gendarmes ont été évacuées ».

Il a rappelé que 4 escadrons de gendarmerie mobile vont être déployés en renfort. Ils « partent ce matin pour Nouméa », a dit M. Darmanin. Par ailleurs, 15 gendarmes du GIGN, l’unité d’intervention d’élite de la gendarmerie, sont déjà arrivés sur place en renfort, a précisé à l’AFP une source proche du dossier.

08h33: 11 policiers et 35 gendarmes blessés dont un qui risque de perdre un oeil (Haut commissaire sur Cnews)

 

08h28: Le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie Louis Le Franc a déclaré mardi que des habitants de Nouméa avaient été sortis de leurs habitations avant que leurs "domiciles soient brûlés" pendant les violences. "Sur la ville de Nouméa, l’action est menée essentiellement sur les quartiers Nord avec des destructions de commerces, de pharmacies et de domiciles", a déclaré le représentant de l'Etat lors d’une conférence de presse.

06h11 : Le haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie a annoncé un couvre-feu pour la nuit de mardi à mercredi dans l'agglomération de Nouméa, théâtre de troubles d'une «grande intensité» en écho à l'examen à Paris d'une réforme constitutionnelle dénoncée par les indépendantistes. Le couvre-feu est décrété de mardi 18h à mercredi 06h, a annoncé dans un communiqué diffusé peu après 08h locales mardi (23h lundi à Paris) le représentant de l'État dans ce territoire du Pacifique sud.

En outre, tout rassemblement est interdit dans le grand Nouméa, de même que le port d'armes et la vente d'alcool dans l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie, indique le haut-commissariat qui invite les 270.000 habitants du territoire à rester chez eux.

"Nous appelons à la responsabilité de tous les Calédoniens, de nos responsables politiques, institutionnels, coutumiers, religieux, associatifs et familiaux. Nous leur demandons d'utiliser toutes les voies et les moyens à leur disposition pour ramener à la raison et au calme", a écrit le gouvernement local dans un communiqué.

Les pompiers de Nouméa ont dit avoir reçu près de 1.500 appels dans la nuit de lundi à mardi et être intervenus sur environ 200 feux.

Selon un regroupement patronal, une trentaine de commerces, d'usines et d'autres entreprises ont été incendiés. J'ai un sentiment de tristesse, confie à l'AFP Jean-Franck Jallet, propriétaire d'une entreprise de boucherie sauvée des flammes par les pompiers. Nous avons 40 salariés, on est passé à côté de la catastrophe. On a cru que le vivre-ensemble était possible mais ça n'a pas marché, il y a trop de mensonges.

Dans la banlieue nouméenne, un supermarché, forcé à la voiture-bélier pendant la nuit, continue d'être pillé par la population, a rapporté un correspondant. Un couvre-feu a été décrété de mardi 18H00 (07H00 GMT) à mercredi 06H00 (19H00 GMT mardi), a annoncé le représentant de l'Etat dans ce territoire.

En outre, tout rassemblement est interdit dans le grand Nouméa, de même que le port d'armes et la vente d'alcool dans l'ensemble de la Nouvelle-Calédonie, indique le haut-commissariat qui invite les 270.000 habitants du territoire à rester chez eux. Le gouvernement calédonien a annoncé la fermeture des lycées et collèges jusqu'à nouvel ordre.

L'aéroport international est fermé et la compagnie Aircalin a suspendu ses vols pour la journée de mardi.

Le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères, Winston Peters, qui devait se rendre à Nouméa cette semaine, a reporté sa visite pour permettre aux autorités de se concentrer entièrement sur la situation actuelle.

Les émeutes ont éclaté lundi en marge d'une manifestation indépendantiste contre le texte examiné par les députés, qui vise à élargir le corps électoral pour les élections provinciales.

Conformément à l'article 77 de la Constitution, le corps électoral de ce scrutin est en effet gelé: il se limite essentiellement aux électeurs inscrits sur les listes lors du référendum d'autodétermination de 1998 et à leurs descendants, excluant de facto les résidents arrivés après 1998 et de nombreux natifs.

Un électeur sur cinq est ainsi privé du droit de vote aux élections provinciales, cruciales dans ce territoire où les provinces exercent de nombreuses compétences transférées par l'Etat français.

 

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Vos réactions

Portrait de djelloul
14/mai/2024 - 11h01

Ca manifeste ...ca manifeste.......et ca se termine par des gendarmes bléssés des magasins pilles!!!!  

Portrait de Frederico
14/mai/2024 - 10h38

En Nouvelle-Calédonie, un cinquième des citoyens français ne peut pas exercer son droit de vote. Cette situation soulève des questions sur le respect de l'État de droit. Comment le Conseil constitutionnel peut-il justifier une telle exclusion ? En métropole, aucune exception n'est faite en faveur de la préférence nationale ; l'égalité entre tous les citoyens doit être maintenue

Portrait de Amandecroquante
14/mai/2024 - 07h27

Cette loi est interessante, on aurait du la garder pour les provinces de France