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Un journaliste indépendant cubain a été libéré après cinq jours de détention, ont annoncé cette nuit l'intéressé et une organisation de défense des droits humains

Un journaliste indépendant cubain a été libéré après cinq jours de détention, ont annoncé cette nuit l'intéressé et une organisation de défense des droits humains. José Luis Tan, collaborateur du portail d'information indépendant Cubanet, "est chez lui à Camagüey", à 500 km à l'Est de La Havane, a déclaré à l'AFP Laritza Diversent, directrice de l'ONG Cubalex, basée à Miami.

Le journaliste a été libéré mercredi soir, a-t-elle précisé. Vendredi, plusieurs médias indépendants avaient indiqué que le journaliste avait été arrêté alors qu'il se rendait à La Havane.

Ce dernier a précisé qu'il voyageait en bus lorsqu'il a été arrêté par la police qui l'a accusé de "mercenariat et fausse information", avant d'être transféré à un centre de détention de la Sécurité de l'Etat à La Havane, selon son témoignage publié jeudi par Cubanet.

"Ils m'ont accusé d'aller à La Havane pour inciter les gens à ne pas se rendre aux activités du 1er mai, et que je voyageais avec une valise pleine de tracts et d'autocollants", a expliqué le journaliste qui dément avoir transporté ce type de matériel dans ses bagages.

Il a indiqué avoir été soumis à plusieurs interrogatoires quotidiens et avoir dû payer une amende de 4.000 pesos cubains (environ 33 dollars). Les autorités ne se sont pas prononcées officiellement sur cette affaire. Plusieurs ONG de défense de la liberté de la presse telles que Articulo 19, PEN International et Reporters sans frontières avaient réclamé sa libération. Mi-avril, le journaliste avait indiqué avoir été convoqué par la police à deux reprises et condamné à une amende pour avoir enfreint une loi sur les télécommunications en raison de ses publications sur les réseaux sociaux.

Selon la loi sur la communication adoptée en 2023, les médias d'État sont les seuls médias cubains légaux sur l'île, même si des journalistes indépendants sont tolérés.

Gisell Morfi, responsable de l'équipe juridique de Cubalex, a déclaré à l'AFP que ces détentions temporaires constituaient un "message dissuasif" à l'attention des journalistes et militants et qu'elles créaient "une atmosphère d'incertitude, de peur, extrêmement efficace pour étouffer l'opposition".

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