19/04 07:40

L'essayiste franco-suisse d'extrême droite Alain Soral, condamné pour ses propos homophobes envers une journaliste, devra bien purger une peine de prison

L'essayiste franco-suisse d'extrême droite Alain Soral, condamné pour ses propos homophobes envers une journaliste, devra bien purger une peine de prison a confirmé la plus haute instance juridique de Suisse. Une décision "historique" qui fera jurisprudence, selon les associations LGBTQ+. Le Tribunal fédéral (TF) a confirmé la condamnation en seconds instance d'Alain Soral prononcée en octobre de l'année dernière. La peine de prison ferme est toutefois ramenée de 60 à 40 jours pour des raisons de procédure.

De son vrai nom Alain Bonnet, M. Soral, qui réside à Lausanne depuis fin 2019, avait, en première instance échappé à la prison ferme en Suisse mais écopé d'une amende pour diffamation pour des propos injurieux à l'égard d'une journaliste du quotidien La Tribune de Genève qu'il avait qualifiée de "grosse lesbienne".

En appel, la Cour cantonale avait également retenu la discrimination et l'incitation à la haine en raison de l'orientation sexuelle.

Après le jugement de deuxième instance, l'essayiste de 65 ans avait fait appel et demandé notamment à être acquitté de l'accusation de discrimination et incitation à la haine au sens de l'article 261 bis du Code pénal, une disposition étendue depuis juillet 2020 aux discriminations fondées sur l'orientation sexuelle, en plus de celles liées à la couleur de peau, l'origine ou la religion.

Le langage utilisé est "rabaissant", "déshumanisant" et "outrancier", relève la Haute Cour. Il invite l'internaute à mépriser la journaliste, en raison notamment de son orientation sexuelle. Pour le Tribunal fédéral, il ne fait "aucun doute que le message du recourant tendait à éveiller et exciter un sentiment de haine en raison de l'orientation sexuelle", écrit le Tribunal fédéral. De leur côté, les associations Pink Cross et LOS (Organisation suisse des lesbiennes) saluent une "victoire historique" dans la lutte contre l'homophobie, qui fera jurisprudence en Suisse.

Il s'agit de "la première condamnation de la Haute Cour pour incitation à la haine homophobe depuis l'extension de l'article 261 bis du Code pénal", a expliqué Gaé Colussi, un responsable de Pink Cross, dans un communiqué commun.

"Ce jugement envoie un message clair: de tels cas seront dorénavant pris très au sérieux et de tels propos n'ont pas de place dans l'espace public", notent les organisations.

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de sandra666
19/avril/2024 - 10h10

Comme ceux qui roulent sur des policiers ? Qui vendent du crack, ou qui violent des grands mères?

Portrait de tomy
19/avril/2024 - 07h44

La Suisse étant l'une des plus grande démocratie au monde, il n'y a rien à dire