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Des journalistes d'investigation en Ukraine ont été récemment visés par des opérations d'"intimidations" potentiellement liées aux enquêtes qu'ils mènent sur la corruption

Des journalistes d'investigation en Ukraine ont été récemment visés par des opérations d'"intimidations" potentiellement liées aux enquêtes qu'ils mènent sur la corruption dans le pays, a regretté l'organisation Reporters sans frontières (RSF), qui dénonce "une multiplication des pressions contre les médias" ukrainiens.

"Plusieurs affaires inquiétantes d'intimidation sont apparues ces dernières semaines et nous espérons que ce n'est pas une tendance qui va se prolonger", a déclaré à l'AFP Pauline Maufrais, chargée de mission Ukraine pour l'organisation. Dans un récent communiqué, RSF, qui se dit "inquiet" d'une "multiplication des pressions contre les médias", liste trois affaires survenues en une seule semaine, pour lesquelles l'ONG demande des enquêtes "approfondies", "transparentes" et "indépendantes".

Le 14 janvier, des individus encagoulés ont fait irruption chez Yuriy Nikolov, journaliste d'investigation du média anticorruption Nashy Hroshy (Notre argent, NDLR); sa consoeur d'Odessa Iryna Hryb a rapporté le 19 avoir découvert un mouchard dans sa voiture et le média d'investigation Bihus.info a été visé le 16 quand "plusieurs de ses journalistes ont vu une vidéo de leur vie privée diffusée dans le but de les discréditer", indique le communiqué. Selon Mme Maufrais, la société civile a fortement "réagi" à ces agissements et les autorités ont "rapidement" lancé des enquêtes judiciaires, notamment pour "entrave au travail des journalistes".

Les autorités ukrainiennes avaient annoncé le 17 janvier enquêter sur la mise sous écoute et la captation vidéo illégale de journalistes, le président Volodymyr Zelensky soulignant que "toute pression sur des journalistes est inacceptable".

"Les médias concernés n'excluent pas que cela soit lié aux enquêtes qu'ils ont publiées ces derniers mois sur la corruption", note Mme Maufrais.

Plusieurs scandales de corruption - un mal endémique en Ukraine comme dans les autres pays de l'ex-URSS et l'un des grands chantiers du gouvernement de Kiev - ont éclaboussé des responsables ukrainiens ces derniers mois, notamment au sein de l'armée et du ministère de la Défense.

Selon RSF, l'Ukraine compte plusieurs médias d'investigation indépendants qui ont continué à fonctionner malgré le début de la guerre il y a bientôt deux ans.

"Il y a eu assez rapidement, après le début du conflit, des enquêtes journalistiques qui sont revenues sur des questions internes à l'Ukraine ou sur des questions de corruption notamment dans l'armée", indique la responsable de l'ONG. Selon RSF, l'Ukraine figurait en 2023 au 79e rang sur 180 au classement sur la liberté de la presse. Le pays était en 106e position en 2022. La Russie est 164e.

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