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Un ancien pompier accusé d'avoir étouffé une nonagénaire avec... une madeleine, condamné à trois ans de prison pour homicide involontaire

Un ancien pompier accusé d'avoir étouffé avec une madeleine une nonagénaire, dont il avait acheté la maison en viager a été condamné à trois ans de prison pour homicide involontaire en appel à Orléans : «Je suis content sans l'être car je suis un peu condamné mais je risquais beaucoup plus.

La Cour a retenu que ce n'était pas un assassinat, mais bien un accident», a déclaré à la sortie de la salle d'audience Alain Jousselin, qui a été également condamné à payer une amende de 30.000 euros. Une décision qui «apparaît censée et équilibrée», selon son avocat Maître Abed Bendjador fils. L'ancien pompier, qui a passé trois ans en détention provisoire entre 2019 et 2022, avait été acquitté en première instance par la cour d’Assises d'Indre-et-Loire en mai 2022.

Toutefois, le parquet avait décidé de faire appel. Le corps de la victime, Yvette, atteinte de la maladie d'Alzheimer, incapable de se mouvoir et de s'alimenter sans être assistée, avait été découvert sans vie, un soir de mai 2019, dans sa chambre d'Ehpad, à Tours. Une découverte faite après avoir reçu la visite de l'accusé.

Dès le premier jour, Alain Jousselin avait été suspecté. L’ancien pompier avait racheté en viager la maison à la victime, en 1995. Il lui versait depuis une rente d'environ 500 euros par mois. Étant le dernier à rendre visite à la nonagénaire, il s’était présenté en début d'après-midi muni d'un paquet de madeleines auprès de la vieille femme.

À la barre, il a maintenu être retourné à l'Ehpad car il était persuadé d'avoir oublié ses clefs. Il a reconnu s'être «enfermé» dans la chambre par «respect des règles» de la maison de retraite.

L'ancien pompier, gardien et homme à tout faire dans une résidence senior, explique avoir «mangé une madeleine et laissé Yvette en prendre une dans sa main».

Il serait ensuite sorti dans le couloir et aurait passé du temps à observer le système de climatisation placé près de la chambre de la victime. «Quand je reviens dans la chambre, elle s’est endormie, alors je la laisse se reposer. Elle tenait toujours la madeleine dans sa main, sur sa poitrine, où il y avait effectivement quelques miettes», a-t-il expliqué à la barre.

L'avocat général, Denis Chausserie-Laprée, avait requis vingt ans de prison, estimant que l'accusé «avait préparé la mise à mort» de la vieille dame.

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Portrait de Enrico Merguez
10/décembre/2023 - 23h54

Po popo popo,on ne me la fait pas à moi...smileysmiley