08/11/2023 16:46

Guerre contre le Hamas: L'armée israélienne se trouve dans le centre de la ville de Gaza - Les appels au cessez-le-feu se sont multipliés de la part de l'ONU, d'ONG, de dirigeants du monde arabe et d'autres pays

16h46: Le gouvernement du Hamas a accusé l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) de « collusion » avec Israël dans le « déplacement forcé » de la population du nord de la bande de Gaza vers le sud.

« L'Unrwa et ses responsables portent la responsabilité de cette catastrophe humanitaire » car ils se sont « pliés dès le premier instant aux diktats de l'occupation (Israël, NDLR), quittant leurs positions et renonçant à leur responsabilité envers des centaines de milliers d'habitants » du nord de Gaza, a affirmé dans un communiqué le chef du service de presse du gouvernement du Hamas, Salameh Maarouf.

Il a accusé l'Unrwa d'avoir laissé la population palestinienne « sans abri, sans eau, sans nourriture ni traitement » et d'avoir « fait la sourde oreille face aux cris de douleur et de souffrance ».

« Nous affirmons que la dérobade de l'Unrwa et de ses responsables au rôle qui doit être le leur constitue une collusion claire avec l'occupation et ses plans de déplacement forcé ».

Cette rare charge du gouvernement du Hamas contre l'agence onusienne survient alors que le nombre de Palestiniens quittant quotidiennement le nord de la bande de Gaza vers le sud semble avoir considérablement augmenté mercredi, selon des images de journalistes de l'AFP.

Selon les Nations unies, environ 1,5 million d'habitants de la bande Gaza ont quitté leur foyer depuis le début de la guerre.

L'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (Unrwa) fournit des services éducatifs, sanitaires et sociaux, de micro-financement, d'amélioration des camps et d'aide d'urgence à des millions de réfugiés vivant dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, en Jordanie, au Liban et en Syrie.

Ses services sont destinés aux plus nécessiteux parmi les réfugiés, ces Palestiniens poussés au départ de leurs terres lors de la création de l'Etat d'Israël en 1948 et qui représentent aujourd'hui avec leurs descendants environ 80% des 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza, selon les chiffres de l'Unrwa.

L'Unrwa affirme ne plus être en mesure de venir en aide à des dizaines de milliers de déplacés s'abritant notamment dans des écoles qu'elle gère dans le nord de la bande Gaza depuis qu'Israël a ordonné à la population de partir vers le sud du territoire aux premier jours de la guerre avec le Hamas.

Selon le dernier bilan de l'Unrwa, 89 de ses employés ont été tués dans la bande Gaza, sous contrôle du Hamas, depuis le début de l'offensive militaire israélienne, en représailles à l'attaque perpétrée par le mouvement islamiste le 7 octobre sur le sol israélien.

Au moins 1.400 personnes sont mortes, en majorité des civils tués le jour même de l'attaque du Hamas, selon Israël.

Plus de 10.500 personnes ont été tuées dans les bombardements israéliens dans la bande de Gaza, dans l'immense majorité des civils, selon le Hamas.

16h30: La guerre contre le Hamas palestinien n'est pas seulement celle d'Israël, c'est aussi "la guerre du monde libre", a affirmé mercredi le ministre israélien des Affaires étrangères, Eli Cohen, devant des eurodéputés à Bruxelles.

Il a ajouté qu'Israël ne se battait pas seulement contre le mouvement islamiste palestinien mais aussi contre d'autres milices soutenues par l'Iran, pays qu'il a qualifié de "financier numéro un du terrorisme".
"Ce n'est pas seulement la guerre de l'Etat d'Israël, c'est la guerre du monde libre", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il fallait la gagner pour "être sûrs que l'Occident ne soit pas le prochain sur la liste".
M. Cohen s'est exprimé devant des eurodéputés avec à ses côtés les proches de quelques-uns des plus de 240 otages retenus par le Hamas depuis le 7 octobre.
Ce jour-là, le mouvement palestinien, considéré comme une organisation terroriste par l'UE, les Etats-Unis et Israël, a lancé une attaque meurtrière et sans précédent sur le sol israélien, qui a fait quelque 1.400 morts, essentiellement des civils.
Les représailles de l'armée israélienne, qui bombarde sans relache depuis un mois la bande de Gaza où le Hamas est au pouvoir, ont fait plus de 10.000 morts, dont des milliers d'enfants, selon le mouvement palestinien.
M. Cohen a accompagné son discours, souvent empreint d'émotion, d'une vidéo d'environ deux minutes montrant "les atrocités" perpétrées par "plus de 3.000 terroristes" du Hamas, qu'il a qualifiés de "monstres".
"Le 7 octobre a été la pire journée pour l'Etat d'Israël et pour le peuple juif depuis l'Holocauste", a encore dit le ministre israélien. Il a précisé que parmi les quelque 240 otages retenus par le Hamas, plus de 30 étaient des enfants âgés de moins de 18 ans.
M. Cohen devait rencontrer plus tard mercredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

11h47: La France a estimé mercredi que tout le monde avait « intérêt à ce que la situation humanitaire s’améliore à Gaza, y compris Israël », à la veille de la conférence qu’elle organise à Paris sur le sujet.

Le gouvernement israélien ne sera pas présent à cette « conférence humanitaire » jeudi matin à l’Elysée, mais le président français Emmanuel Macron s’est entretenu mardi avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et lui reparlera à l’issue de cet événement, a déclaré la présidence française à des journalistes.

Le chef de l’Etat a également eu mardi des conversations téléphoniques avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, dont les pays jouent un rôle-clé dans toute tentative d’améliorer l’accès de l’aide dans la bande de Gaza.

« Il y a aujourd’hui une urgence humanitaire à Gaza alors qu’Israël poursuit ses opérations antiterroristes », a affirmé l’Elysée, qui a organisé la conférence à la hâte en marge du Forum de Paris sur la Paix qui se tient chaque année à l’initiative d’Emmanuel Macron.

11h19: Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a déclaré mercredi qu’Israël ne devrait pas « réoccuper » la bande de Gaza à la fin du conflit en cours avec le Hamas, à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 à Tokyo.

Alliés clé d’Israël, les Etats-Unis avaient déjà exprimé mardi leur opposition à une éventuelle réoccupation du territoire palestinien après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu eut déclaré la veille que son pays prendrait la « responsabilité générale de la sécurité » à Gaza « pour une durée indéterminée ».

Pour aboutir à « une paix et une sécurité durables » dans la région, les Etats-Unis pensent qu’il faut bannir « les déplacements forcés de Palestiniens de Gaza », empêcher ce territoire « d’être utilisé comme une plateforme pour le terrorisme » tout en évitant de le « réoccuper » à la fin du conflit en cours, a dit M. Blinken.

Il faudra aussi veiller à éviter à l’avenir « toute tentative de blocus ou de siège de Gaza » et toute « réduction » de son territoire, a encore énuméré le secrétaire d’Etat. Il faudra également « placer les voix et les aspirations du peuple palestinien au coeur de la gouvernance à Gaza » après la guerre, et voir ce territoire « unifié » avec la Cisjordanie sous le contrôle de l’Autorité palestinienne, a ajouté M. Blinken.

10h00: L'armée israélienne opère mercredi dans le centre de la ville de Gaza, dans le nord du territoire palestinien où la situation de centaines de milliers de civils toujours présents est de plus en plus désastreuse après un mois de guerre meurtrière.

Les troupes se trouvent désormais "au coeur" de la ville de Gaza, dans le nord, où les combats au sol et la campagne de bombardement se sont intensifiés ces derniers jours pour "détruire le Hamas", a déclaré mardi soir le ministre de la Défense Yoav Gallant.

"Il n'y aura pas de trêve humanitaire sans le retour des otages", a ajouté le ministre israélien. Plus de 240 personnes ont été enlevées, selon Israël, le jour de l'attaque du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre qui a déclenché la guerre.

Au moins 1.400 personnes sont mortes, en majorité des civils tués le jour même de l’attaque du Hamas, la plus meurtrière de l'histoire d'Israël. Côté palestinien, plus de 10.300 personnes, en majorité des civils, dont 4.237 enfants, ont péri à Gaza depuis le 7 octobre, selon le bilan mardi du ministère de la Santé du Hamas.

09h54: Face à une situation humanitaire catastrophique dans le petit territoire assiégé, les appels au cessez-le-feu se sont multipliés de la part de l'ONU, d'ONGs, de dirigeants du monde arabe et d'autres pays. "Nos demandes incessantes pour la mise en place d'un cessez-le-feu immédiat sont restées sans réponse", a déploré mardi soir l'organisation Médecins sans frontières (MSF) qui a annoncé la mort d'un de ses employés dans un bombardement contre le camp de réfugiés de Chati, dans la périphérie de Gaza-ville. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé les parties à mettre fin aux souffrances des civils, déplorant une "faillite morale".

Cette organisation a annoncé mardi qu'un de ses convois d'aide humanitaire vers l'hôpital al-Quds du Croissant-Rouge palestinien avait été ciblé par des tirs, dont il n'a pas précisé la provenance. "Ce ne sont pas des conditions dans lesquelles le personnel humanitaire peut travailler", a déclaré William Schomburg, responsable local du CICR.

Selon le bureau de coordination des affaires humanitaire de l'ONU (OCHA), citant les chiffres du ministère de la santé du Hamas, 192 personnels de santé ont été tués depuis le début de la guerre.

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