05/05/2011 16:12

TF1: Une journaliste victime de racisme de la part d'un CRS

Une journaliste de TF1 a été victime d'une remarque raciste de la part d'un CRS mercredi à Paris, a dénoncé jeudi la Société des journalistes (SDJ) de la chaîne dans un communiqué. 

"En marge d'une opération d'évacuation d'un immeuble occupé rue Bolivar à Paris, notre collègue journaliste reporter d'images Florice Houngbo s'est vue interdire d'exercer son métier simplement à cause de sa couleur de peau", écrit la SDJ. 

"Florice avait été missionnée par notre rédaction pour couvrir l'évènement. Sur place, tous nos confrères sans exception avaient été autorisés à se rendre au point presse. Tous, sauf notre collègue de TF1: les CRS chargés de filtrer les entrées lui en ont interdit l'accès", explique le communiqué.  "Florice a alors demandé des explications. Pas de réponse.

Un CRS présent sur place lui demande pour qui elle travaille: elle répond +TF1+. Celui-ci lui dit alors: +Ah bon, depuis quand ils font travailler des Noirs à TF1 !+. A aucun moment elle ne s'est montrée agressive ou hautaine à l'encontre des policiers. Elle s'est clairement identifiée, montrant son badge professionnel". 

Pour la SDJ, la journaliste, qui est "profondément choquée", "a pris la bonne décision: pour ne pas envenimer les choses, elle n'a pas répondu et a malgré tout tenté de faire son travail". 

"Nous ne sommes pas encore saisis de cette affaire, mais si nous le sommes, nous diligenterons une enquête et nous en tirerons toutes les conséquences", a indiqué jeudi la préfecture de police de Paris (PP), contactée par l'AFP.  "Elle a fait son métier, elle n'a pas cherché à envenimer les choses, a assuré de son côté à l'AFP Catherine Nayl, directrice de l'information de TF1.

Elle a appelé son chef de service qui a débloqué la situation, et elle a ensuite pu faire normalement son travail". 

"Ces propos nous touchent et sont plus que regrettables, à l'encontre de notre journaliste, ainsi que pour l'ensemble de la chaîne, a continué la patronne de l'info. Cela fait des années que nous sommes engagés dans une politique très active de représentativité de la diversité dans l'ensemble du groupe". 

"Mais ce sont les propos d'une personne, ce n'est pas la police nationale qui a parlé à Florice. Il ne faut pas faire d'amalgame", a-t-elle ajouté, assurant qu'elle allait "adresser une lettre au préfet de police". 


Selon Catherine Nayl, la journaliste n'a pas encore décidé si elle allait ou non donner de suite judiciaire: "Elle m'a dit qu'elle voulait réfléchir". 

La SDJ, qui se dit émue et indignée, souligne par ailleurs qu'elle avait déjà "alerté le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux en octobre 2010 suite au +matraquage+ par un policier d'un preneur de son" de la chaîne lors d'une manifestation.

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