24/04/2011 13:30

Le corps de Marie-France Pisier retrouvé dans sa piscine

Comme vous l'a révélé jeanmarcmorandini.com ce matin, Marie-France Pisier est décédée à 66 ans dans la nuit de samedi à dimanche à Saint-Cyr-sur-Mer (Var).

Selon les dernières informations, son corps a été retrouvé par son mari dans la piscine de la résidence du couple.

"Le corps a été retrouvé vers 04H00 par son mari dans la piscine", a déclaré à l'AFP un magistrat du parquet de Toulon, qui a ouvert une enquête pour "recherche des causes de la mort". "Il ne s'agit pas d'une enquête criminelle", a précisé le magistrat.

Selon la même source qui a ordonné une autopsie, "le corps ne portait pas de trace de violence externe". "Le décès a été constaté à l'hôpital Font Pré de Toulon", a ajouté le magistrat.

L'enquête a été confiée à la brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Toulon.

Selon une source proche du dossier, c'est le gardien de la propriété privée de Marie-France Pisier qui, dans la nuit, a alerté les secours pendant que son époux sortait le corps de la piscine. Quelques instants plus tôt, le mari s'était aperçu de l'absence de son épouse dans la villa. Il avait alors entrepris de la chercher. C'est en sortant dans le jardin qu'il a découvert le corps, selon ses déclarations aux enquêteurs.

Alertés, les sapeurs-pompiers ont alors évacué l'actrice vers l'établissement hospitalier de Toulon où le décès a été constaté dimanche à 07H00.

Les premiers éléments de l'enquête n'ont pas laissé apparaître un état dépressif chez l'actrice, qui "avait des projets professionnels et avait confirmé sa présence à l'hommage qui sera rendu à Jean-Paul Belmondo, en mai au Festival de Cannes", a souligné une source proche de l'enquête.

Souvent présentée comme un second rôle de grande envergure, Marie-France Pisier a débuté sa carrière d'actrice en 1961, repérée par François Truffaut grâce à une photo prise en famille dans les rues de Nice. Elle joue alors dans une troupe de théâtre amateur. Le réalisateur recherche une adolescente pour donner la réplique à Jean-Pierre Léaud alias Antoine Doisnel dans "Antoine et Colette", l'un des sketches de "L' Amour à vingt ans".

En 1979, on retrouve cette actrice au regard clair et lumineux dans ce personnage de Colette pour "L'Amour en fuite", dernière aventure de Doinel, coécrite par la comédienne.

Après des films de genre de Robert Hossein, elle devient égérie du cinéma d'auteur, apparaissant dans les univers oniriques de Robbe-Grillet, Luis Buñuel, Jacques Rivette et surtout du jeune André Téchiné. Grâce à ce dernier, elle obtiendra deux fois le César du Meilleur second rôle, pour "Souvenirs d'en France" en 1976 et Barocco en 1977.

En 1976, année de la consécration, les Césars récompensent aussi l'actrice pour sa prestation dans "Cousin, cousine" de Jean-Charles Tacchella, chronique sentimentale dont le succès aux Etats-Unis lui permet de tenter sa chance à Hollywood (The Other side of midnight).

Intellectuelle engagée dans les combats de son époque, Marie-France Pisier prend aussi part à plusieurs succès populaires. Elle est notamment la partenaire de Jean-Paul Belmondo dans "L"as des as" en 1982 et campe une productrice cynique dans "Le Prix du danger".

Plus rare dans les années 90, elle trouve cependant un de ses plus beaux rôles, celui d'une bourgeoise en mal d'enfant, dans "Marion" de Manuel Poirier en 1996. En George Sand dans "La Note bleue", elle interprète aussi Mme Verdurin dans "Le Temps retrouvé" de Ruiz.

Pour ses deux passages derrière la caméra, elle se penche sur son histoire familiale : une enfance en Nouvelle-Calédonie ("Le Bal du gouverneur", adaptation d'un de ses romans en 1990) et le décès de ses parents ("Comme un avion" en 2002). Tournant pour des jeunes auteurs comme Ferreira Barbosa et Christophe Honoré, elle apparaît encore en 2006 à l'affiche du film "Dans Paris".

Le ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand, a déploré dimanche la perte d'"une comédienne rare" et d'"une femme de caractère dont le charme et le jeu si subtil ont marqué le cinéma français".

"Son charme, son humour teinté d'une délicieuse ironie et l'étrangeté qu'elle savait distiller dans ses personnages manquera au cinéma français et à nos coeurs", a déclaré le ministre dans un communiqué.

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