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Procès : La Première ministre Giorgia Meloni a décidé de traîner en justice l'un des journalistes d'investigation les plus connus d'Italie

La Première ministre Giorgia Meloni a décidé de traîner en justice l'un des journalistes d'investigation les plus connus d'Italie, a annoncé  ce dernier, soit la deuxième procédure de ce type depuis son arrivée au pouvoir le mois dernier. Emiliano Fittipaldi, qui travaille pour le quotidien de gauche Domani, et le directeur du journal Stefano Feltri sont accusés d'avoir déformé les faits dans un article publié l'an dernier suggérant que la dirigeante d'extrême droite avait essayé d'aider un ami à gagner un appel d'offres du gouvernement durant la pandémie. Mme Meloni, dont le parti Fratelli d'Italia était à l'époque dans l'opposition, a nié en bloc et engagé des poursuites.

Un juge romain a décidé la semaine dernière qu'il y aurait un procès, a indiqué à l'AFP M. Fittipaldi. Le conseil de Mme Meloni a indiqué de son côté que le procès avait été fixé au 10 juillet 2024 (bien 2024).

"J'ai seulement rapporté des informations véridiques", a-t-il affirmé, promettant que lui et son journal continueraient leurs investigations, y compris sur des dossiers "gênants". Cette décision de poursuivre M. Fittipaldi a coïncidé avec l'ouverture d'un procès à l'instigation de Mme Meloni contre le célèbre écrivain antimafia et journaliste Roberto Saviano, accusé de diffamation pour ses critiques contre la position de la Première ministre sur le dossier des migrants. Pour M. Fittipaldi, connu pour ses révélations sur des scandales au Vatican, "il est habituel pour un journaliste d'investigation en Italie" d'être poursuivi. "Mais c'est la première fois que je serai en procès contre un Premier ministre, qui a un pouvoir gigantesque par rapport à un journaliste dans l'opposition", a-t-il commenté.

Dans son article, M. Fittipaldi rapportait comment Mme Meloni avait téléphoné à Domenico Arcuri, le commissaire spécial du gouvernement en charge de la lutte contre le Covid, pour lui recommander un ami participant à un appel d'offres pour la fourniture de masques.

Selon Domani, Mme Meloni avait confirmé avoir téléphoné au commissaire mais avait nié avoir essayé de l'influencer dans sa décision. Elle et son avocat accusent Domani d'avoir "oeuvré pour arriver à un titre diffamatoire et induisant en erreur".

Ce procès est "le résultat d'un article construit habilement pour faire des allégations diffamatoires et sans fondement", a déclaré à l'AFP l'avocat de Mme Meloni, Luca Libra. Selon les derniers chiffres publiés par l'Institut national de statistique Istat en 2017, presque 9.500 actions en diffamation avaient été lancées cette année-là contre des journalistes.

La diffamation par médias interposés est passible en Italie de peines allant de six mois à trois ans de prison.

La cour constitutionnelle italienne a appelé les parlementaires en 2020 et 2021 à réécrire la législation dans ce domaine, affirmant que des peines de prison pour ce type d'affaires étaient inconstitutionnelles.

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Vos réactions

Portrait de COLIN33
23/novembre/2022 - 13h17 - depuis l'application mobile
-Nico- a écrit :

Oui oui c'est ça, c'est mieux macron et darmanin...

@-Nico- de si vous le dites !

Portrait de -Nico-
23/novembre/2022 - 12h30
COLIN33 a écrit :

Elle va enfin montrer son vrai visage !

Oui oui c'est ça, c'est mieux macron et darmanin...

Portrait de COLIN33
23/novembre/2022 - 08h18 - depuis l'application mobile

Elle va enfin montrer son vrai visage !

Portrait de Fred4000
23/novembre/2022 - 07h19

Bonne nouvelle, il est temps de faire la purge avec certains journalistes.