04/10 18:02

Une femme et ses deux enfants, qui étaient retenus dans un camp en Syrie, ont été rapatriés en France - Visée par un mandat d'arrêt, la mère a été présentée à un juge d’instruction

Une femme et ses deux enfants, qui étaient retenus dans un camp en Syrie, ont été rapatriés ce lundi en France, a indiqué à l’AFP le parquet national antiterroriste (Pnat), confirmant une information de plusieurs sources proches du dossier.

Cette femme, de nationalité franco-marocaine, qui était visée par un mandat d’arrêt, a été interpellée à son arrivée et présentée à un juge d’instruction parisien, selon le Pnat.

Ses enfants ont été pris en charge dans le cadre d’une procédure d’assistance éducative.

Sollicité, le ministère des Affaires étrangères n’a pas commenté dans l’immédiat.

Ils ont atterri lundi soir à l’aéroport du Bourget à bord d’un avion médicalisé, a indiqué pour sa part une source aéroportuaire.

« Je me réjouis que deux enfants, dont un très malade, aient été rapatriés avec leur mère et échappent au pire », a réagi l’avocate de cette femme, Me Marie Dosé, sollicitée par l’AFP. « Mais l’arbitraire bat son plein : pourquoi eux et pas d’autres ? Tant d’enfants sont aussi malades que ce petit garçon, et certains plus encore », a-t-elle toutefois déploré.

« L’Élysée explique que la doctrine du cas par cas est terminée et persiste à trier les enfants, et à agir dans la plus grande opacité. Et les orphelins restés dans les camps dont je demande le rapatriement depuis plus de trois ans ? La France vient d’être condamnée par la CEDH et demeure butée dans son inhumanité », a-t-elle ajouté.

« On passe de la politique du cas par cas à celle du tirage au sort, c’est incompréhensible et scandaleux », a pour sa part réagi le Collectif des Familles Unies, qui regroupe des familles de Français partis en zone irako-syrienne.

Le 14 septembre, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France pour ne pas avoir étudié de manière appropriée les demandes de rapatriement de familles de djihadistes en Syrie.

La CEDH avait été saisie par deux couples de Français qui avaient demandé en vain aux autorités françaises le rapatriement de leurs filles, deux jeunes femmes compagnes de djihadistes, et de leurs trois enfants. Le 14 septembre, elle a enjoint à Paris de réexaminer les demandes de rapatriement.

Le ministère des Affaires étrangères avait alors pris acte de cette décision et s’était dit prêt à « envisager » de nouveaux rapatriements « chaque fois que les conditions le permettraient ».

Le 5 juillet, la France avait fait revenir 35 mineurs et 16 mères des camps de prisonniers jihadistes en Syrie, premier rapatriement aussi massif en France d’enfants et de mères depuis la chute en 2019 du « califat » de l’État islamique.

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Vos réactions

Portrait de Vosegus
4/octobre/2022 - 19h13

Cette femme est franco-marocaine. Pourquoi c'est la France qui la rapatrie et non le Maroc ? 

That is the question. 

Portrait de COLIN33
4/octobre/2022 - 18h56 - depuis l'application mobile

on ne peut que se poser la question : ça va donner quoi ?