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Le MMA, sport de combat en pleine expansion, conquiert aujourd'hui un public plus jeune grâce à internet et aux réseaux sociaux

Par Paul RICARD

Suivi par des fans quadragénaires qui ont longtemps dû courir après de rares cassettes vidéo pour admirer leurs champions, le MMA, sport de combat en pleine expansion, conquiert aussi aujourd'hui un nouveau public plus jeune, grâce à internet et aux réseaux sociaux. En France, les arts martiaux mixtes (MMA selon leur acronyme anglais), mélange de boxe pieds-poings et de lutte, ne sont légalisés que depuis 2020, après avoir longtemps traîné une image sulfureuse.

KO et étranglements spectaculaires sur son compte Twitter @RMCSportCombat, documentaires sur sa chaîne YouTube, chaîne dédiée au MMA sur la plateforme de streaming Twitch... Toute l'année, RMC Sport "dissémine le storytelling du MMA sur ses plateformes gratuites", ce qui attire "de plus en plus de jeunes", selon M. Salvaudon. Une démarche à rebours de la "stratégie de rétention" habituellement adoptée par les télés payantes pour "créer de la frustration".

En tout, RMC Sport détient les droits de cinq ligues de MMA, dont les deux plus importantes, l'UFC et le Bellator. "Les montants sont sans commune mesure avec le football", glisse M. Salvaudon sans donner de chiffres. "Quand on compare ce que ça coûte et ce que ça génère, le compromis est bon".

Sur internet, nombre de chaînes YouTube parlent de MMA. C'est le cas de celle du magazine Karaté Bushido, dont la version papier est une institution pour les pratiquants d'arts martiaux depuis 1974. Celle-ci compte 680.000 abonnés et cumule des millions de vues. Elle est animée par l'ancien combattant de MMA Grégory Bouchelaghem (alias GregMMA), star d'internet à la gouaille aussi impressionnante que son physique. "Le magazine papier, c'est plutôt un lecteur mature, 35/40 ans. La chaîne YouTube, c'est plus jeune, c'est un autre format", indique à l'AFP Julien Brondani, rédacteur en chef de Karaté Bushido.

Autre poids lourd français, la chaîne YouTube IbraTV, du nom de son populaire animateur d'origine ingouche, Ibrahim Tsetchoev. D'abord consacrée à des caméras cachées parfois controversées, elle s'est recentrée sur le MMA en 2018 et compte aujourd'hui 4,6 millions d'abonnés. Ses créateurs ont même fondé leur propre organisation de combats, l'YFC.

"Le MMA est maintenant très connu en France, tout le monde va vouloir s'y mettre et ça va devenir beaucoup plus difficile d'y tenir sa place", prédit à l'AFP le cofondateur d'IbraTV, Djam Marzaganov. Cette surexposition tranche avec le temps où les fans de MMA, né au début des années 90, peinaient à voir de rares images. "A l'époque, on passait pour des barbares", se souvient Rudy Bagot, technicien bancaire de 41 ans, selon qui les jeunes fans d'aujourd'hui "ont énormément de chance": "Avec internet, tout est à portée de main, ils progressent beaucoup plus vite que les anciens".

Cet afflux de nouveaux fans irrite d'ailleurs certains puristes, qui les surnomment dédaigneusement "MMix" (référence aux "Footix" convertis au foot après le Mondial-98). Pour autant, "le MMA n'en est pas encore à espérer récolter les mêmes fruits que le football, le rugby, la F1 ou le basket NBA", reconnaît Laurent Salvaudon. "Les droits du football ont mis du temps à monter très haut: il faut +droguer+ les gens aux contenus", dit-il. "On a une base historique forte, qui grossit de jour en jour. De là à ce que les droits arrivent à un niveau très élevé, il y a une marge d'au moins une dizaine d'années".

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