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Bolivie : L'ex Présidente du pays Jeanine Añez a été condamnée à dix ans de prison, accusée d'avoir participé à un coup d'État contre son prédécesseur

Jeanine Añez, qui était devenue présidente de la Bolivie par intérim fin 2019, juste après la démission d'Evo Morales, a été condamnée à dix ans de prison, accusée d'avoir participé à un coup d'État contre son prédécesseur. Le Tribunal de première instance de La Paz a décidé vendredi d'une «condamnation» à une «peine de 10 ans» d'emprisonnement, trois mois après le début du procès et 15 mois après son placement en détention provisoire. Les anciens chefs des forces armées, William Kalimán, et de la police, Yuri Calderón, tous deux en fuite, ont écopé de la même peine.

Jeanine Añez, âgée de 54 ans, a été condamnée coupable de «manquement au devoir» et «décisions contraires à la Constitution et aux lois». Elle est accusée d'avoir accédé à la présidence de manière anticonstitutionnelle en novembre 2019, à la suite de la démission d'Evo Morales (2006-2019), sur fond de manifestations de masse liées à de présumées fraudes électorales dénoncées par l'Organisation des États américains (OEA).

Elle avait annoncé qu'elle ferait appel d'une éventuelle condamnation: «Nous n'en resterons pas là, nous irons devant la justice internationale». L'ancienne cheffe de l'État doit par ailleurs encore être jugée lors d'un second procès pour «sédition, soulèvement armé et génocide» lorsqu'elle était présidente par intérim. L'accusation de génocide fait suite à des plaintes de familles de victimes de la répression menée par les forces de l'ordre fin 2019 dans des fiefs d'Evo Morales, qui avait fait 22 morts selon un groupe d'experts indépendants.

Lors de sa dernière déclaration, cette femme de droite avait affirmé que le tribunal avait «exclu» des preuves permettant de démentir un renversement d'Evo Morales. 

Quasiment inconnue jusqu'à son arrivée au pouvoir, cette avocate de formation et ex-présentatrice de télévision s'était proclamée présidente intérimaire du pays andin le 12 novembre 2019, deux jours après la démission du président Morales.

À l'issue de l'élection présidentielle d'octobre 2019, au cours de laquelle Evo Morales briguait un quatrième mandat, et dans le contexte de confusion qui avait entouré les résultats le donnant vainqueur, l'opposition avait crié à la fraude. Une explosion de violence avait suivi le scrutin, finalement annulé.

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