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La confrontation entre Cédric Jubillar et un ancien détenu accusant le peintre plaquiste de lui avoir avoué en prison le meurtre de sa femme Delphine n'a pas donné "grand-chose"

La confrontation jeudi entre Cédric Jubillar et un ancien détenu accusant le peintre plaquiste de lui avoir avoué en prison le meurtre de sa femme Delphine, disparue fin 2020, n'a pas donné "grand-chose", selon les avocats de la défense. "Chacun est resté sur ses positions", a déclaré l'un de ces avocats, Jean-Baptiste Alary, à l'issue de quatre heures de confrontation devant les juges d'instruction. Pour Alexandre Martin, un autre avocat de Cédric Jubillar, cet ex-détenu "prétend avoir été le receleur de confidences qui sont analysées par l'accusation comme des aveux de Cédric Jubillar".

Or, "aucune de ces confidences ne correspond à une réalité". A la suite des déclarations de cet homme qui a occupé une cellule à côté de celle de Cédric Jubillar, des recherches d'ampleur pour tenter de trouver le corps de l'infirmière disparue avaient été entreprises en vain début 2022.

Le témoignage de l'ancien détenu avait également provoqué, mi-décembre 2021, le placement en garde à vue de la nouvelle compagne de Cédric Jubillar.

D'après ce témoignage, elle était susceptible de savoir où trouver le corps de Delphine. Elle est cependant ressortie libre, après un jour et demi de garde à vue, sans être mise en examen.

"On est à plusieurs mois des révélations de ce codétenu", a rappelé de son côté Emmanuelle Franck, également avocate de la défense. Pour elle, "on fonctionne un peu comme un système de preuves de l'Ancien Régime, à l'époque où quatre ouï-dire valaient une preuve".1

3h41: Cédric Jubillar, convoqué par les juges d'instruction dans les prochaines minutes, doit être confronté à un ancien détenu qui affirme que le peintre plaquiste lui a avoué en prison le meurtre de sa femme Delphine, disparue fin 2020. A la suite des déclarations de cet homme qui a occupé une cellule à côté de celle de Cédric Jubillar, des recherches d'ampleur pour tenter de trouver le corps de l'infirmière disparue avaient été entreprises en vain début 2022.

Le témoignage de l'ancien détenu avait également provoqué, mi-décembre 2021, le placement en garde à vue de la nouvelle compagne de Cédric Jubillar. D'après ce témoignage, elle était susceptible de savoir où trouver le corps de Delphine. Elle est cependant ressortie libre, après un jour et demi de garde à vue, sans être mise en examen.

Jeudi, au cours de cette confrontation devant les juges d'instruction, les avocats de la défense comptent "poser des questions" à cet ancien détenu pour tenter "d'éclairer les circonstances de ses révélations qui se sont avérées sans fondement", selon Alexandre Martin, l'un des trois avocats de Cédric Jubillar. Ils vont notamment tenter de savoir "quel profit il en a tiré, puisque quelques jours après, il a été mis en liberté", a encore précisé Me Martin à l'AFP.

13h30: Le mandat de dépôt de Cédric Jubillar expire le 18 juin prochain. Il ne peut donc pas rester en détention provisoire au-delà sans un débat devant le juge des libertés, a encore expliqué Me Martin. Les avocats de Cédric Jubillar attendent que la date de ce débat soit fixée pour décider s'il demandent ou pas d'ici là une audience devant la cour d'appel de Toulouse pour tenter encore un fois d'obtenir la libération de leur client.

11h12: Delphine Jubillar, qui travaillait comme infirmière de nuit dans une clinique d'Albi, a disparu en pleine nuit du domicile familial à Cagnac-les-Mines (Tarn) en décembre 2020. Son mari, avec qui elle était en instance de divorce, est le principal suspect. Il a été mis en examen pour meurtre et écroué le 18 juin 2021. Il est détenu à l'isolement et continue à se dire innocent. Cependant, la justice estime que les enquêteurs ont apporté suffisamment d'éléments sur la culpabilité du peintre plaquiste de 34 ans pour le maintenir en prison, alors que ses avocats affirment que le dossier ne contient aucune preuve irréfutable.

08h20: Une confrontation est organisée aujourd'hui entre Cédric Jubillar et son ancien codétenu «Marco». Cet homme affirme que Cédric lui a donné des indications sur le lieu où est enterré son corps. Cette version est formellement contestée par le principal intéressé. En décembre, selon le Parisien sur les affirmations de ce voisin de cellule à la prison de Toulouse-Seysses avaient fait l'effet d'un coup de tonnerre. 

Le peintre-plaquiste, mis en examen depuis le 18 juin 2021 pour le meurtre de sa femme, aurait confié à ce détenu le lieu où est enterré son corps, évoquant une ferme récemment incendiée à Cagnac-les-Mines. Toujours selon ses dires, plusieurs personnes de l'entourage de Cédric Jubillar sauraient où se trouve la dépouille et l'une d'elles l'aurait aidé à la transporter, puis à l'enterrer dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.

Les deux détenus auraient passé des dizaines d’heures à discuter à travers les barreaux sans jamais être en mesure de se voir. C’est à l’occasion de l’une de ces discussions que Cédric Jubillar lui aurait confié le meurtre de Delphine. « Ces débiles, ils ne l’ont même pas retrouvé », lui aurait-il confié à propos du couteau qui aurait servi d’arme du crime, avant de lui affirmer avoir enterré le corps « près de la ferme qui a brûlé ».

Les recherches des enquêteurs autour de la fameuse ferme, près de Cagnac-les-Mines, n’ont rien donné. Il pourrait avoir inventé de toutes pièces ces déclarations pour bénéficier d’une libération anticipée alors qu’il devait être jugé pour menaces de mort sur des surveillants de prison. Il est finalement sorti de la maison d’arrêt de Seysses en octobre 2021. Mais ces explications sont malgré tout jugées crédibles et prises très au sérieux par les enquêteurs qui ont noté un niveau de précision particulièrement important. Il a également évoqué la voiture blanche de Delphine Jubillar.

Alors que «Marco» a été libéré cet automne, Cédric Jubillar lui aurait en plus demandé de déplacer le corps avec Séverine, son amante de l'époque, mais celle-ci aurait refusé.

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