24/03/2022 17:31

Dix-huit ans de réclusion criminelle requis à l'encontre de Kevin Guiavarch, un des premiers djihadistes français à partir en Syrie, jugé pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle"

Dix-huit ans de réclusion criminelle ont été requis à l'encontre de Kevin Guiavarch, un des premiers djihadistes français à partir en Syrie, jugé devant la cour d'assises spéciale de Paris avec ses quatre femmes pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Kevin Guiavarch "coche toutes les cases" du combattant djihadiste. "C'est quelqu'un encore profondément ancré dans l'idéologie du djihad" ayant quitté la Syrie seulement "quand la débâcle s'annonce" pour l'Etat islamique, a soutenu l'avocat général dans son réquisitoire. Les représentants du Parquet national antiterroriste (Pnat) ont requis des peines de 5 ans de prison (assortis du sursis) à 14 ans de réclusion à l'encontre de ses quatre co-épouses et 2 ans avec sursis à l'encontre d'une cinquième femme jugée pour "financement d'entreprise terroriste" pour avoir facilité la tentative de départ sur zone d'une mineure de 15 ans qui aurait dû épouser Kevin Guiavarch si le projet avait été couronné de succès.

Les avocats généraux ont distingué les trois co-épouses de la première femme de Kevin Guiavarch, Salma O. qui, selon eux, n'a pas rompu avec l'idéologie djihadiste.

Les 18 ans de réclusion réclamés contre Kevin Guiavarch et les 14 ans de réclusion requis contre Salma O. doivent être assortis d'une peine de sûreté des deux-tiers, ont réclamé les avocats généraux. Kevin Guiavarch et ses quatre femmes encourent 20 ans de prison. Camélia M., poursuivie pour financement terroriste encourt quant à elle 10 ans de réclusion.

Le verdict est attendu vendredi.

Issu d'une famille déchirée - son père était violent et alcoolique, sa mère est psychologiquement fragile et a effectué plusieurs séjours en psychiatrie - Kevin Guiavarch, 29 ans, s'est converti seul à l'islam, "via internet et des lectures", à l'âge de 13 ans. Adepte du groupuscule islamiste radical Forsane Alizza (dissous au printemps 2012) qui prônait le djihad armé et souhaitait instaurer un califat en France, il rejoint la Syrie au début 2013, "avant même la création officielle de l'Etat islamique", avec sa femme Salma O., de douze ans son aînée, autre adepte de Forsane Alizza, alors enceinte de quelques mois.

Au cours des trois ans et demi que durera son séjour en Syrie, de janvier 2013 à juin 2016, il épousera trois autres femmes. Salma et lui les ont convaincues, via les réseaux sociaux, de quitter la France, parfois avec leur jeune enfant. Entre 2013 et 2016, il épousera successivement Parveen L. (née en 1994), puis Sally D. (1990) et enfin Sahra R. (1994). Au total, cette famille élargie comptera six enfants dont quatre issus des unions de Kevin Guiavarch avec ses différentes épouses.

"Salma O. s'est comportée comme une mère maquerelle du djihad en faisant venir des femmes, parfois très jeunes, pour les mettre dans le lit de son mari", a dénoncé un des avocats généraux.

Se présentant comme "un repenti", Kevin Guiavrach a affirmé au cours de son procès qu'il n'avait combattu qu'une seule fois, au début de son séjour, dans les rangs de l'Armée syrienne libre (ASL, non djihadiste) et qu'il avait été "traumatisé" par la mort d'un de ses camarades au combat. Ayant fait allégeance à l'EI en juin 2013, il a soutenu avoir été seulement "brancardier" ou "infirmier", admettant avoir participé à des surveillances de check-point, alors même qu'il postait sur Facebook des photos de lui (et de Salma) en treillis et en armes, bandeau des martyrs noué sur le front.

"Jusqu’à fin 2013, j’étais dans l’idéologie djihadiste. J’ai commencé à changer en janvier 2014", a-t-il affirmé. Pourtant, dans un commentaire, publié sur son compte Facebook en juin 2014, il affirmait : "On aime tuer les méchants. On sourit quand on tue les kouffars (mécréants)".

Il n’y a "aucune preuve de ses soi-disant gestes humanitaires", ont estimé les représentants du Pnat. Ils ont dénoncé "son implication" pour "combattre", mais aussi pour "la propagande", "le financement" et "le recrutement" au service de l'EI.

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Vos réactions

Portrait de bergil
25/mars/2022 - 14h34

Il n'a pas eu le courage de mourir en martyr , il préfère les prisons Françaises aux frais du contribuable ! Pauvre type !