10/03/2022 10:46

Neuf policiers de la Brigade anti-criminalité de nuit de Nancy jugés pour harcèlement moral et injures racistes envers quatre de leurs anciens collègues

Neuf policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC) de nuit de Nancy seront jugés jeudi et vendredi à Nancy pour harcèlement moral et injures racistes envers quatre de leurs anciens collègues, dont leur chef, des faits révélés par une enquête de l'IGPN ouverte en octobre 2018.

Cette enquête a mis en lumière des "actes de harcèlement" répétés, commis entre 2015 et 2018, qui ont conduit à "l'isolement" de plusieurs policiers de ce service nancéien, indique le rapport datant de décembre 2019 que l'AFP a pu consulter. Selon ce document accablant, les quatre plaignants ont tous "évoqué des propos ou décrit des comportements réitérés visant à les exclure" du service. Des attitudes qui ont aussi entraîné "une dégradation de leurs conditions de travail" et surtout "une altération de leur santé physique et morale".

Un des plaignants, d'origine maghrébine, a aussi porté plainte pour injures racistes non publiques, en plus du harcèlement moral. Quelques mois après son arrivée en avril 2017, d'autres membres de l'unité avaient créé un groupe de discussion sur Messenger et échangé des "phrases insultantes à connotation raciste", le traitant notamment de "bico" ou de "bougnoule", note le rapport.

Des accusations balayées par les prévenus, un d'entre eux allant même jusqu'à affirmer devant l'IGPN que "bico" est un mot... portugais. 

C'est finalement un policier de la BAC de nuit qui, témoin des agissements de ses coéquipiers, a décidé d'en parler à sa hiérarchie, conduisant à l'ouverture de l'enquête de la police des polices en 2018. Faisant partie du groupe de discussion Messenger, il avait enregistré les échanges, que son chef de service avait ensuite compilés.

D'après l'IGPN, le témoignage de ce policier "corroborait l'ensemble des accusations portées par les plaignants". Il a ainsi expliqué que le but des prévenus était de pousser les victimes "vers la sortie, en exerçant sur eux une pression psychologique, afin qu'ils partent d'eux-mêmes" du service.

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