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La Commission européenne a critiqué une loi adoptée en Pologne, estimant qu'elle "pose des risques graves pour la liberté et le pluralisme des médias"

La Commission européenne a critiqué une loi adoptée vendredi en Pologne, estimant qu'elle "pose des risques graves pour la liberté et le pluralisme des médias" dans ce pays "où le paysage médiatique souffre déjà d'une politisation croissante". Des milliers de Polonais ont manifesté dimanche contre cette loi controversée sur les médias, considérée comme une tentative du gouvernement populiste de droite de museler la chaîne d'information indépendante TVN24, contrôlée par l'américain Discovery. Le texte, voté vendredi par le parlement, doit encore recevoir la signature du président Andrzej Duda pour entrer en vigueur.

"Le vote qui a eu lieu ce vendredi accentue la pression sur le secteur des médias en Pologne", a déclaré un porte-parole de la Commission, Christian Wigand, interrogé lors d'un point de presse régulier.

"La loi peut entraîner un changement forcé dans la propriété des entreprises de médias et pose des risques graves pour la liberté et le pluralisme des médias en Pologne", a-t-il ajouté. "Elle peut conduire à une limitation de la liberté des médias en Pologne, où le paysage médiatique souffre déjà d'une politisation croissante", a-t-il poursuivi.

La loi, voulue par le parti populiste PiS (Droit et justice) au pouvoir, empêchera les entreprises n'appartenant pas à l'Espace économique européen (EEE, qui comprend les 27 Etats de l'UE, l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège) de détenir une participation majoritaire dans les entreprises de médias polonais.

Cela obligerait notamment le groupe américain Discovery à vendre la sienne dans TVN, l'un des plus grands réseaux de télévision privés de Pologne. TVN24 est sa chaîne d'information en continu, considérée comme critique envers les conservateurs au pouvoir.

Le gouvernement affirme de son côté que la loi --également dénoncée par Washington-- protégera le paysage médiatique polonais contre des acteurs potentiellement hostiles, comme la Russie.

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