08/07 07:46

L'assassinat par un commando armé de son président plonge Haïti dans l'inconnu : L'état de siège est déclaré depuis hier dans tout le pays - Vidéo

Le président haïtien Jovenel Moïse a été assassiné par un commando armé en pleine nuit à son domicile, le Premier ministre par intérim décrétant dans la foulée l'état de siège dans le pays des Caraïbes encore davantage plongé dans la crise. "Nous avons décidé de déclarer l'état de siège dans tout le pays", a déclaré Claude Joseph dans un discours en créole, octroyant ainsi des pouvoirs renforcés à l'exécutif. Il a promis que "les auteurs, les assassins de Jovenel Moïse paieraient pour ce qu'ils ont fait devant la justice". M. Joseph avait annoncé plus tôt mercredi l'attaque ayant causé la mort du président.

"Le président a été assassiné chez lui par des étrangers qui parlaient l'anglais et l'espagnol. Ils ont attaqué la résidence du président de la République", a-t-il affirmé. Le sort de l'épouse de M. Moïse, blessée dans l'attentat qui a eu lieu vers 01H00 locale (05H00 GMT) et hospitalisée, était incertain, certains médias annonçant son décès.

"Elle reçoit actuellement les soins que son cas nécessite", a dit le Premier ministre. Cet événement menace de déstabiliser le pays le plus pauvre des Amériques, déjà confronté à une double crise politique et sécuritaire.

Le Premier ministre a appelé la population au calme et fait savoir que la police et l'armée allaient assurer le maintien de l'ordre. "La situation sécuritaire est sous contrôle", a-t-il assuré. Les rues de la capitale Port-au-Prince étaient calmes mercredi matin, sans présence renforcée de la police ou des forces de sécurité, selon des témoins.

Le président américain Joe Biden a condamné cet "acte odieux", disant les Etats-Unis prêts à apporter leur aide au pays en crise. L'Union européenne s'est inquiétée d'une "spirale de violence" par la voix de son chef de la diplomatie Josep Borrell et Paris a dénoncé un "lâche assassinat".

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est dit "profondément choqué" par cet assassinat. En réaction, la République dominicaine a ordonné mercredi la "fermeture immédiate" de sa frontière avec Haïti, les deux pays se partageant la même île. Venu du monde des affaires, Jovenel Moïse, 53 ans, avait été élu président en 2016 sur une promesse de développement de l'économie du pays et avait pris ses fonctions le 7 février 2017.

Actif dans plusieurs domaines économiques, dont l'exploitation de bananeraies, il n'avait alors quasiment aucune expérience en politique au moment de son élection et était très peu connu de ses compatriotes. Haïti est gangrené par l'insécurité et notamment les enlèvements contre rançon menés par des gangs jouissant d'une quasi impunité.

Une situation qui valait à Jovenel Moïse, accusé d'inaction face à la crise, d'être confronté à une vive défiance d'une bonne partie de la société civile.

Ça peut vous interesser

Ailleurs sur le web

Vos réactions