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Le ministère public a requis six mois de prison avec sursis contre l'imam d'une mosquée de Toulouse, jugé pour "incitation à la haine raciale"

Le ministère public a requis six mois de prison avec sursis contre l'imam d'une mosquée de Toulouse, jugé pour "incitation à la haine raciale", après un prêche en arabe diffusé sur les réseaux sociaux en 2017.

La procureure Alix-Marie Cabot-Chaumeton a fustigé devant le tribunal correctionnel de Toulouse le prêche que Mohamed Tataïat, un imam de 58 ans, avait prononcé le 15 décembre 2017 à la mosquée En Nourr, dans le quartier d'Empalot.

Une allocution qui avait été relayée sur la chaîne YouTube de la Grande mosquée de Toulouse et qui comporte, a-t-elle dit, "des stéréotypes antisémites" constituant "une stigmatisation et une attaque violente" contre la communauté juive.

La représentante du parquet a demandé que la condamnation soit assortie d'un affichage de la décision "aux portes de la mosquée" et "d'une publication dans la presse régionale et nationale".

"Nous sommes à Toulouse qui a connu un attentat où des enfants ont été tués", a rappelé Mme Cabot-Chaumeton avec solennité, en référence aux élèves d'une école juive tués par Mohamed Merah en 2012.

Soulignant que M. Tataïat était "un professeur lettré" (docteur en théologie) et "une autorité morale" pour sa communauté, elle a estimé qu'il aurait dû accompagner ses propos d'éléments de contexte et d'explication.

Le parquet de Toulouse avait ouvert une enquête préliminaire en 2018 après avoir reçu un signalement émanant du préfet qui visait une vidéo datant de décembre 2017 dans laquelle on voit l'imam de la Grande mosquée de Toulouse, qui prêchait alors dans une mosquée plus modeste, s'exprimer devant les fidèles en langue arabe.

Selon le texte traduit lors de l'enquête, l'imam cite un hadith proclamant : "le jour du jugement ne parviendra que quand les musulmans combattront les juifs, le juif se cachera derrière l'arbre et la pierre, et l'arbre et la pierre diront +oh musulman, oh serviteur de Dieu, il y a un juif derrière moi, viens et tue-le, sauf Algharqada, qui est l'un des arbres des juifs+".

"L'intention de la provocation à la haine apparait caractérisée", a affirmé la magistrate ajoutant "nous savons tous la dangerosité des réseaux sociaux sur la divulgation d'une parole".

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Vos réactions

Portrait de Greenday2013
30/juin/2021 - 13h52

Que du sursis demandé, donc pas de sanction réelle à attendre.