18/11/2010 09:51

Le Parisien conservé "pas uniquement" pour l'argent

Le Parisien, mis en vente avant que le groupe Amaury, propriétaire du quotidien, renonce finalement à s'en séparer, a été conservé "et pas uniquement sur des critères financiers", assure le directeur général du groupe Philippe Carli dans un entretien aux Echos à paraître jeudi.

"Dès mon arrivée, j'ai passé du temps à rencontrer les équipes au sein du groupe, y compris au Parisien. J'ai vite été convaincu que c'était un formidable actif, avec une rédaction et des équipes managériales de grande qualité", explique le dirigeant qui a pris ses fonctions le 1er octobre.

"Nous avons reçu parallèlement plusieurs offres de reprise, mais aucune ne nous a semblé porter un projet suffisamment ambitieux pour Le Parisien. Avec les actionnaires familiaux, nous avons donc pris la décision collective de le conserver, et pas uniquement sur des critères financiers", poursuit-il.

Le groupe Amaury, qui possède également L'Equipe, avait officiellement renoncé à la vente de son journal le 5 novembre.

Initialement, la propriétaire du groupe, Marie-Odile Amaury, avait souhaité se séparer du Parisien dans le souci de léguer à ses enfants un groupe en parfaite santé, à la rentabilité assurée, le quotidien étant considéré comme un des actifs les moins rentables, avait alors indiqué un de ses proches.

On prêtait à Marie-Odile Amaury l'intention de céder le journal pour plus de 200 millions d'euros. Des estimations très diverses quant à la valeur du titre avaient circulé, allant de 50 à 150 millions d'euros. Des sources bancaires estimaient que sa valeur réelle se situait plutôt entre 70 et 80 millions.

Egalement interrogé sur d'éventuelles suppressions de postes au sein de la rédaction, le directeur général assure qu'il faut "clairement améliorer la compétitivité du "Parisien".

"Mais les économies à réaliser ne passeront pas forcément uniquement par une baisse de la masse salariale, continue-t-il. (...) J'ai une grande expérience de la conduite du changement dans le souci de minimiser l'impact social. J'espère travailler avec les partenaires sociaux pour trouver des solutions adaptées aux enjeux".

Enfin, à propos de l'avenir du Parisien, Philippe Carli confie également qu'il faut "accélérer le virage numérique".

"La rédaction a signé un accord pluri-média il y a deux ans, il s'agit d'accélérer sa mise en oeuvre. Nous aurons gagné le jour où, en conférence de rédaction, un chef de service proposera naturellement de diffuser son information sur le support le plus approprié, le papier, internet ou une tablette", insiste-t-il.

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