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06/06 11:31

Douze médias australiens condamnés à une amende pour avoir violé le black-out médiatique imposé en 2018 par la justice sur le procès pour pédophilie du cardinal George Pell, acquitté depuis

Douze médias australiens ont été condamnés à une amende pour avoir violé le black-out médiatique imposé en 2018 par la justice sur le procès pour pédophilie du cardinal George Pell, acquitté depuis. Ils ont été reconnus coupables de 21 chefs d'outrage au tribunal pour ne pas avoir respecté une "ordonnance de suppression" imposant aux médias de ne pas évoquer le procès de l'ex-numéro trois du Vatican, afin d'éviter d'influencer les jurés d'un deuxième procès alors prévu.

Le cardinal, accusé d'agression sexuelle sur deux adolescents dans les années 1990, avait finalement été acquitté en appel en avril 2020. Ils ont écopé au total d'une amende totale de 1,1 million de dollars australiens (700.000 euros) et à verser 650.000 dollars australiens supplémentaires au titre des frais de justice. Ces médias avaient plaidé coupable dans le cadre d'une accord trouvé avec le tribunal, ce qui avait conduit à l'abandon des poursuites pour outrage à l'encontre de 18 journalistes et rédacteurs en chef. Ces faits étaient passibles de peines d'emprisonnement.

Dans la décision rendue, le juge John Dixon, de la Cour suprême de l'Etat de Victoria, a estimé que le plaider coupable des médias n'avait "pas démontré un degré significatif de remords et de contrition", mais avait été invoqué pour protéger leurs employés d'une condamnation à titre individuel.

La plupart des amendes ont été infligées à des journaux et des sites internet appartenant aux deux plus grands groupes de médias australiens, News Corp de Rupert Murdoch et son concurrent Fairfax Media, désormais aux mains du groupe Nine. M. Dixon a qualifié les reportages réalisés par ces deux groupes de presse de "provocation flagrante et délibérée à l'autorité de la Cour". D'autres entreprises ont été condamnées à payer des pénalités allant de 10.000 à 30.000 dollars.

L'obligation de silence imposée en 2018 avait été levée en février 2019 quand l'accusation avait renoncé à cette deuxième série de poursuites. En signe de protestation, des médias australiens avaient alors publié des articles cryptiques, se plaignant de ce qu'on leur interdisait de faire état d'une affaire d'intérêt public majeur.

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