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Le principal parti parlementaire tunisien, Ennahdha, réclame une enquête sur le "contenu" d'un document sulfureux attribué à la présidence

Le principal parti parlementaire tunisien, Ennahdha, a réclamé une enquête sur le "contenu" d'un document non authentifié et présenté comme un "plan" visant à mettre tous les pouvoirs sous la coupe de la présidence de la République, qui a catégoriquement nié. Alors que le chef de l'Etat et ce mouvement d'inspiration islamiste sont à couteaux tirés, Middle East Eye (MEE), un site d'informations panarabe basé à Londres, a publié dimanche un document de cinq pages, affirmant qu'il s'agissait d'une "fuite" venue du bureau de la cheffe du cabinet du président, Nadia Akacha, à qui il était destiné.

Ce document comporte un "plan" censé permettre au président Kais Saied de "rassembler tous les pouvoirs sous sa main", en déclarant le pays en état de "péril imminent" face à la situation sanitaire et à l'accumulation de la dette publique. Il se réfère à l'article 80 de la Constitution, qui permet au chef de l'Etat de "prendre les mesures nécessaires" en cas de "situation exceptionnelle". Les "propositions dangereuses" contenues dans ce plan appellent à l'ouverture d'une enquête "sérieuse et rapide pour en révéler toutes les circonstances et pour rassurer l'opinion publique", a réagi Ennahdha mardi dans un communiqué. Le document n'a pu être authentifié, y compris par l'AFP. Quant à la présidence de la République, elle a fustigé un faux.

"Ce document n'a aucun fondement, et n'a jamais existé", a déclaré mardi Walid Hajjem, attaché diplomatique au palais présidentiel, dans une interview à la radio locale Shems FM. "Ce sont des allégations (...), c'est une pièce de théâtre mal réalisée", a-t-il ajouté. Des partisans de Kais Saied ont eux directement accusé Ennahdha d'avoir créé ce document de toutes pièces pour ternir l'image de la présidence et accréditer l'idée d'une tentation autoritaire. Plusieurs observateurs de la vie politique ont mis en cause son authenticité. Ennahdha a constitué avec peine une coalition gouvernementale en s'alliant au mouvement islamo-nationaliste al-Karama, et au parti Qalb Tounes du magnat des médias Nabil Karoui.

Cette coalition est en conflit depuis des mois avec M. Saied, un universitaire indépendant largement élu en 2019 sur fond de rejet des élites au pouvoir depuis la révolution de 2011. Le président accuse les autres élus de corruption. Ces derniers lui reprochent de leur côté ses tentatives d'élargir ses prérogatives au mépris de la Constitution de 2014, après qu'il a rejeté plusieurs décisions votées par le Parlement.

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Vos réactions

Portrait de pasfacile
29/mai/2021 - 19h39

Comme chez les voisins Algériens la situation est très compliquée en Tunisie qui est le phare de la modernité au Maghreb.