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Le "numéro unique d'appel d'urgence" rime avec "perte de chance" pour le patient et "désorganisation de toute la chaîne hospitalière", pour Samu-Urgences de France

Le "numéro unique d'appel d'urgence" dont les députés viennent de voter l'expérimentation rime avec "perte de chance" pour le patient et "désorganisation de toute la chaîne hospitalière", alerte François Braun, président du syndicat Samu-Urgences de France pour qui le 15 "est une petite pépite qu'il ne faut pas perdre".

"Le premier à décrocher un appel santé doit être un professionnel de santé", explique à l'AFP François Braun. Mettre "un intermédiaire entre le Samu et les patients" entraînera "perte de temps" et "perturbation du message" car "c'est souvent les premiers mots qui sont importants", ajoute-t-il.

Les députés ont voté en commission le 12 mai dernier l'expérimentation d'un "numéro unique d'appel d'urgence" en lieu et place du 17 (pour la police), du 18 (pour les pompiers) et du 15 (pour le Samu).

Véritable serpent de mer de l'organisation des services publics de secours, le numéro unique a ressurgi à la faveur d'une proposition de loi sur la sécurité civile et les sapeurs-pompiers, portée par le député (LREM) Fabien Matras.

Mais ce retour ne fait pas l'unanimité: dans une tribune publiée dans le JDD, près de 200 signataires alertent "sur le fait que consacrer le 112 comme numéro d'appel d'urgence unique pour tous les services reviendrait à faire le choix d'une réponse aux appels d'urgence à la fois moins efficace voire dangereuse et plus coûteuse pour le contribuable", en rappelant que "seul un médecin est capable de définir avec l'appelant la gravité de la situation médicale".

Outre François Braun, Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Bruno Riou, directeur médical de crise de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, et Rémi Salomon, président de la commission médicale des Hôpitaux de Paris, ont notamment signé cette tribune.

"Dégrader le principe de régulation, c'est déstabiliser toute l'organisation des soins", assure François Braun."Si ce n'est pas un professionnel qui décroche, il va réagir par excès". "Sans cette régulation, un appel égale un envoi d'ambulance, un transport vers l'hôpital".

"En mars de l'année dernière, les SAMU en France ont reçu en l'espace de 48 heures 80.000 appels de plus par jour. Mais nous n'avons pas envoyé ces 80.000 personnes à l'hôpital!". "On a donné des conseils, on a fait du suivi... On a fait ce que l'on sait faire: de la régulation médicale".

"Il y a d'un côté la problématique de secours et de sécurité, qui est une problématique du ministère de l'Intérieur. Et de l'autre côté, une problématique de santé qui doit aller à la santé, ça ne se discute pas", conclut le directeur médical du Samu 57 (Moselle).

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Vos réactions

Portrait de sNow
26/mai/2021 - 00h42 - depuis l'application mobile
Mig01 a écrit :

Encore une soi-disante expérimentation votée par des ignorants de la chaîne des secours.

@Mig01 le Samu prêche pour sa paroisse car il a peur de disparaître…
Quand on fait le 15, on tombe en premier lieu sur un agent technico - administratif… pas un médecin !!
Je suis pompier et quand le Samu nous déclenche c est très souvent faux dans l’adresse..
Le numéro unique est la première pierre de la plateforme unique… mais le Samu et son organisation archaïque centrée sur le Medecin comme Dieu unique n’en veut pas car il disparaîtra, a juste titre

Portrait de air libre
25/mai/2021 - 08h25

Les députés de LREM ne cessent d'essayer de casser notre système de santé et de secours, un exemple récent le service 15 le SAMU de la Nièvre basé a Nevers est maintenant transféré à Dijon (200 Kms) le même transfert est prévu pour l'Yonne d'ici peu.

Portrait de Mig01
25/mai/2021 - 08h15 - depuis l'application mobile

Encore une soi-disante expérimentation votée par des ignorants de la chaîne des secours.