17/05/2021 13:02

Policiers brûlés à Viry-Châtillon: Deux nouvelles plaintes pour "faux" et "violences" ont été déposées devant le parquet d’Evry contre les policiers chargés de l’enquête

Deux nouvelles plaintes pour « faux » et « violences » ont été déposées devant le parquet d’Evry contre les policiers chargés de l’enquête sur l’attaque de policiers brûlés à Viry-Châtillon (Essonne) en 2016, a indiqué dimanche à l’AFP la procureure d’Evry. Dans une plainte commune déposée mercredi et consultée par l’AFP, Me Sarah Mauger-Poliak, Me Yaël Scemama et Michel Stansal dénoncent des « faux en écriture publique » et des « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » dans le cadre de l’enquête menée par la Sûreté départementale de l’Essonne, confirmant une information de Mediapart.

Dénonçant nommément les enquêteurs, les avocats estiment que les interrogatoires ont été retranscrits à la défaveur des accusés, et que des « coupables auraient été sciemment remis en liberté ». Selon eux, les policiers ont rédigé les procès-verbaux « en modifiant le sens des déclarations, en éludant les protestations d’innocence, un grand nombre des explications circonstanciées et sans acter les demandes de vérification des éléments prouvant l’absence d’implication » de leurs deux clients, acquittés en appel dont l’un a été condamné à 18 ans en première instance.

Par ailleurs, selon la plainte, le témoin clé de l’enquête n’a pas « spontanément » produit une « liste des participants à l’attaque » comme l’ont assuré les enquêteurs. Selon le parquet d’Evry, une autre plainte pour « faux en écriture publique » a également été déposée par Me Frank Berton, avocat de l’un des jeunes condamnés à 18 ans de réclusion en appel, et qui s’est pourvu en cassation.

« Au même titre que j’ai décidé du dépaysement pour les deux premières plaintes sur l’enquête, j’ai sollicité le dépaysement pour ces deux nouvelles plaintes », a expliqué à l’AFP la procureure d’Evry.

Comme pour les deux premières plaintes, cette requête de dessaisissement doit être étudiée par le parquet général de Paris.

Frédérick Petipermon, avocat d’un des accusés condamnés à 18 ans de prison en appel et qui s’est également pourvu en cassation, avait déjà déposé deux plaintes à Evry, le 26 février et le 10 mars, pour « faux en écriture publique ». Selon une de ces plaintes, consultée par l’AFP, des procès-verbaux auraient été tronqués, ne retranscrivant pas les paroles de deux témoins clés de l’enquête.

Ça peut vous interesser

Ailleurs sur le web

Vos réactions