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Hongrie: Des médias indépendants publient une lettre ouverte pour demander au gouvernement un accès aux hôpitaux submergés par le covid

Des médias indépendants hongrois ont publié une lettre ouverte pour demander au gouvernement de Viktor Orban un accès aux hôpitaux et au personnel médical, dénonçant une "obstruction" alors que le pays subit une troisième vague meurtrière.

"Les médecins et infirmiers ne sont pas libres de s'exprimer publiquement et la presse n'est pas autorisée à entrer dans les unités de soins" et centres de vaccinations, dénoncent les rédactions de 28 journaux et chaînes de télévision. "Or le manque d'informations a de graves conséquences", soulignent les auteurs de la lettre.

"Faute de reportages sur la réalité des hôpitaux, beaucoup de gens minimisent encore les dangers du virus et ne prennent pas de mesures de protection, ce qui contribue à exacerber l'épidémie". Cette prise de position intervient au moment où ce pays de 9,8 millions d'habitants affiche le plus fort taux de mortalité au monde, avec 33 morts pour 100.000 habitants au cours des 14 derniers jours.

Depuis le début de la pandémie, il se place juste derrière la République tchèque avec 20.727 décès. En 24 heures, 302 personnes ont été tuées par le coronavirus, nouveau chiffre record publié mercredi, alors même que 20% de la population a déjà été vaccinée grâce à l'apport des lots achetés à la Russie et à la Chine. Une analyse du journal en ligne Valasz expliquait entre autres ce décalage par des contaminations non détectées du fait d'un faible nombre de tests, des restrictions prises trop tardivement et d'un secteur de la santé qui reste sous-financé et affaibli par l'émigration.

Dans leur lettre, les journalistes réclament aussi l'organisation de véritables conférences de presse, où les journalistes pourraient poser des questions en direct. "Les hôpitaux sont faits pour soigner les malades, pas pour les caméras", a réagi le porte-parole du gouvernement, Zoltan Kovacs. "Le personnel accomplit des tâches surhumaines. Laissez-le travailler!", a-t-il lancé dans un message posté sur Facebook.

Depuis son retour au pouvoir en 2010, le Premier Ministre souverainiste Viktor Orban est régulièrement accusé par l'UE et les organisations internationales d'atteintes à l'Etat de droit. De nombreux médias indépendants ont dû mettre la clé sous la porte ou ont été repris par des proches du pouvoir, et ceux qui subsistent font face à des conditions de travail dégradées.

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