19/11 10:16

Les journalistes "doivent se rapprocher des autorités" en amont des manifestations qu'ils veulent couvrir afin de pouvoir en "rendre compte" et "faire (leur) travail", affirme Gérald Darmanin

Les journalistes "doivent se rapprocher des autorités" en amont des manifestations qu'ils veulent couvrir afin de pouvoir en "rendre compte" et "faire (leur) travail", a affirmé Gérald Darmanin, avant de préciser dans la soirée qu'il n'y avait "pas d'obligation". Lors d'une conférence de presse consacrée à l'activité des forces de l'ordre, le ministre a été interrogé sur le cas d'un journaliste qui s'était plaint d'avoir été menacé d'être interpellé mardi lors de la dispersion de la manifestation organisée aux abords de l'Assemblée nationale contre la proposition de loi controversée sur la "sécurité globale". "La manifestation était devenue illégale puisque dépassant l'horaire (prévu) et y compris des personnes qui étaient des journalistes devaient être dispersées", a souligné M. Darmanin.

Par ailleurs, ce journaliste ne s'était pas, en amont, "rapproché de la préfecture de police, contrairement à certains de ces collègues, pour couvrir cette manifestation", a ajouté le ministre de l'Intérieur. Lorsqu'ils couvrent les manifestations, les journalistes "doivent se rapprocher des autorités, en l'occurrence les préfets de département, singulièrement ici le préfet de police de Paris, pour se signaler, pour être protégés par les forces de l'ordre, pour pouvoir rendre compte, faire son travail de journaliste dans les manifestations", a développé le ministre, s'appuyant sur le nouveau schéma du maintien de l'ordre (SNMO) publié en septembre. "Pour éviter la confusion au moment d'une opération, le schéma national du maintien de l'ordre que j'ai présenté en septembre prévoit que les journalistes peuvent, sans en avoir l'obligation, prendre contact avec les préfectures en amont des manifestations", a précisé dans la soirée M. Darmanin dans un tweet.

S'agissant des manifestations, ce SNMO prévoit en effet "un canal d'échange dédié" entre les forces de l'ordre et "les journalistes, titulaires d'une carte de presse, accrédités auprès des autorités", sans le présenter comme obligatoire. Cette disposition avait soulevé une fronde dans le monde de la presse, certains syndicats estimant qu'elle revenait à donner un "feu vert" aux forces de l'ordre pour empêcher les journalistes de faire leur métier lors des manifestations. Des syndicats de journalistes estiment par ailleurs aujourd'hui que le texte sur la "sécurité globale" fait peser une menace sur la liberté de la presse. Plusieurs journalistes se sont également plaints mardi soir d'avoir été empêchés de filmer des interpellations et la dispersion de la manifestation achevée après des heurts avec les forces de l'ordre.

L'un d'eux, employé de France Télévisions, a été arrêté lors de cette manifestation et placé en garde à vue avant d'être libéré mercredi, a dénoncé la direction du groupe audiovisuel dans un communiqué. Ce journaliste a fait l'objet d'un rappel à la loi, la préfecture de police de Paris, faisant valoir en milieu de soirée dans un communiqué qu'il avait été placé en garde à vue pour "participation à un attroupement non armé, en application des règles de droit en vigueur".

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de censure64
19/novembre/2020 - 14h00
l'écume des choses a écrit :
Les journalistes "doivent se rapprocher des autorités" en amont des manifestations qu'ils veulent couvrir afin de pouvoir en "rendre compte" 

en langage macronien: demander nous ce qu il faut montrer et dire, en attendant qu'on remette en place un ministère de l'information

"Sans que ce soit une obligation" mais avec le risque de faire 12h de garde à vue ! Ce gouvernement est en train de muter comme un virus.smiley

Portrait de seb2746
19/novembre/2020 - 12h15

Demain faudra une carte de membre du gouvernement aussi pour les journalistes ?

Depuis le début d'année, on fiche IMMEDIATEMENT "S" le moindre journaliste HORS TF1/France télévision" qu'on arrête, idem pour les street medics, c'est un scandale avec toujours la même "plainte" des services de police bien entendu : "participation à un attroupement non armé, en application des règles de droit en vigueur".

Portrait de nantes55
19/novembre/2020 - 11h40

URGENT:   LREM la république ne marche devient LDEM la dictature en marche.....

quand on commence a vouloir faire taire les journalistes la dictature n'est pas très loin....

il y a des précédents ...... Français réveillez vous avant qu'il soit trop tard

Portrait de auriol64
19/novembre/2020 - 11h07

Finalement on aura pas besoin de voter pour le RN ou la France insoumise pour se diriger vers un gouvernement autoritaire puisque le gouvernement de Macron le fait très bien!