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Convention climat: Emmanuel Macron retient 146 propositions mais refuse la taxe de 4% sur les dividendes et reporte le débat sur les 100 km/h sur autoroute

16h33: Résumé:

"Le temps est à l'action", a déclaré lundi Emmanuel Macron en endossant quasiment toutes les propositions des 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) qu'il a reçus à l'Elysée au lendemain de la vague verte aux municipales.

"On doit remettre l'ambition écologique au coeur du modèle productif", a affirmé le chef de l'Etat face à ces 150 Français rassemblés dans le parc verdoyant du palais présidentiel. Mais "je crois à la croissance de notre économie", a-t-il ajouté, en se félicitant que la CCC ne prône pas un modèle de décroissance, comme le font certains écologistes.

Emmanuel Macron s'est engagé à transmettre au gouvernement ou au Parlement, ou encore soumettre à référendum, "la totalité" des 149 propositions de la CCC, "à l'exception de trois d'entre elles".

Certaines seront décidées dès la fin juillet, d'autres intégrées au plan de relance présenté "à la fin de l'été", mais la plupart feront l'objet d'un "projet de loi spécifique" multi-mesures en septembre, a-t-il précisé.

Avant son discours, Emmanuel Macron avait été appelé par Lambert, l'un des 150, à "être fidèle aux engagements" qu'il avait pris devant la CCC, lancée il y a neuf mois à la suite du "grand débat" et la crise des "gilets jaunes". "C'est la fin de la saison 1 (de la Convention), la saison 2 commence", a résumé l'un d'eux, Grégoire Fraty, avant la rencontre.

La pression à agir s'est encore accentuée sur l'exécutif avec le choc provoqué par les victoires des écologistes dans plusieurs grandes villes comme Lyon, Bordeaux et Strasbourg dimanche, au second tour des municipales.

S'exprimant devant plusieurs membres du gouvernement, dont le Premier ministre Edouard Philippe, facilement réélu la veille au Havre, Emmanuel Macron n'a cependant fait aucune allusion à cette vague verte qui constitue, selon l'Elysée, un "baromètre de l'état d'esprit des Français".

- Les 110 km/h rejetés -

Prudent, il a écarté la proposition la plus commentée et controversée de la Convention: la limitation à 110 km/h, au lieu de 130 km/h actuellement, sur autoroutes.

"La transition écologique ne doit pas se faire au détriment des communes, des régions les plus enclavées", a-t-il plaidé, expliquant aussi vouloir éviter que les travaux des 150 ne "s'abîment dans une polémique". "J'ai présenté beaucoup de grands plans qui se sont trouvés résumés à une seule mesure ou réduits à une petite phrase", a-t-il lancé avec un grand sourire.

Emmanuel Macron s'est en outre dit "prêt" à soumettre à des référendums dès 2021 certaines propositions, d'une part pour modifier la Constitution afin d'y "introduire les notions de biodiversité, d'environnement, de lutte contre le réchauffement climatique", d'autre part pour des mesures spécifiques.

Un éventuel référendum serait le premier à se tenir en France depuis celui qui avait vu la victoire du "non" sur la Constitution européenne en 2005.

En revanche, le chef de l'Etat n'a pas repris la proposition de la Convention de réécrire le préambule de la Constitution en plaçant l'environnement au-dessus de des autres valeurs fondamentales de la République.

Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé que 15 milliards d'euros supplémentaires seraient injectés sur deux ans pour la conversion écologique. Ce fonds sera mis en place dans le plan de relance, attendu à la rentrée, pour "investir dans les transports propres, rénover nos bâtiments" et "inventer les industries de demain".

Parmi les autres annonces, figurent le principe d'un moratoire sur les nouvelles zones commerciales dans la périphérie des villes pour stopper "la bétonisation".

Emmanuel Macron a écarté la taxe de 4% sur les dividendes et a souligné qu'il fallait continuer à "évaluer" l'accord commercial UE-Canada (Ceta), dont les 150 avaient réclamé qu'il ne soit pas ratifié.

Il a enfin indiqué que de nouvelles conventions citoyennes seraient organisées sur "d'autres sujets" car "tout, dans cette aventure démocratique et humaine, constitue une première mondiale autant par son ambition que par son ampleur". "Vous avez montré qu'il était possible sur un sujet difficile, inflammable même, de créer du consensus", s'est-il félicité.

"Notre démocratie va mal. Osons aller plus loin pour que chaque Français se sente représenté", a souhaité Lambert, l'un des 150, en faisant allusion à l'abstention record au second tour des municipales.

A l'issue de la rencontre, le jeune homme s'est déclaré "satisfait" car Emmanuel Macron a "globalement respecté son engagement".

11h57: Emmanuel Macron s'exprime:

"Cette question, pressante dans tout le pays : comment, après la colère suscitée par la taxe carbone, mieux associer les Français aux décisions qui les concernent, qui impactent leur quotidien ?"

"Un collectif avait alors proposé le principe d’une Assemblée de citoyens tirés au sort. Nous en avions parlé ensemble, cher Cyril Dion. Beaucoup à ce moment-là qualifiaient cette idée de fantaisiste, d’illégitime même. Nous avons nous, avec le Premier Ministre, avec le Gouvernement, décidé de tenter l’aventure"

Et d'évoquer sa volonté de "construire une démocratie délibérative qui évidemment ne s’oppose pas à la démocratie parlementaire mais qui la complète, l’enrichit".

"Tout dans cette aventure constitue une première mondiale. Il y avait eu des expériences comparables, mais jamais sur un sujet aussi large"

"En neuf mois, la Convention citoyenne a renouvelé de manière inédite les formes de la démocratie, bousculé le système."

"L'urgence en effet est là, plus prégnante encore qu’au moment du lancement de vos travaux : la planète pourrait être sur une trajectoire de +7 degrés d’ici 2100, la biodiversité continue de se dégrader"

"Ce que vous avez démontré, c'est que nous devons aller beaucoup plus loin"

"Je vous confirme ce matin que j’irai au bout de ce contrat moral qui nous lie, en transmettant effectivement la totalité de vos propositions, à l’exception de 3 d’entre elles sur 149 sur lesquelles je reviendrai"

"Je veux que toutes vos propositions qui sont prêtes soient mises en oeuvre tout de suite. Certaines seront abordées lors d’un prochain Conseil de défense écologique – un Conseil des ministres restreint dédié aux questions de biodiversité d’environnement et de climat, d’ici fin juillet. D'autres seront intégrées au plan de relance qui, je l’ai dit aux Français, sera économique, écologique et social et va être discuté au Parlement en septembre"

"Un projet de loi spécifique sera présenté à la fin de l’été. Il intégrera vos mesures finalisées et d’autres, qui méritent d’être encore affinées ou complétées. Le Gouvernement et le Parlement y travailleront et, comme je m’y étais engagé, vous serez pleinement associés."

""Je propose que le Gouvernement réunisse les associations d’élus pour discuter de leur mise en œuvre et que les modifications législatives nécessaires soient intégrées au projet de loi."

"Plusieurs de vos propositions relèvent de l’échelon européen, parfois international. C’est le cas de la politique commerciale. Vous dites : aucun accord commercial avec des Etats qui ne respecteraient l’accord de Paris. Je partage votre position, et c’est pour cela pour cela que, sur le Mercosur, j’ai stoppé net les négociations. Sur le CETA, qui est mis en place de manière transitoire, je vous réponds : 'continuons à évaluer'. Je n’ai aucun tabou."

"J'ai entendu beaucoup de caricatures sur vos propositions. Vous ne proposez pas de plus produire."

"C'est en étant plus intelligent, en investissant sur les domaines les plus importants que nous saurons relever ces défis : investir dans les transports propres, la rénovation des logements."

"15 milliards d’euros supplémentaires sur deux ans seront injectés pour la conversion écologique de notre économie", annonce Emmanuel Macron.

"Je suis en désaccord avec la taxe de 4% sur les dividendes que vous proposez. Mettre sur tous les investissements une taxe, c'est réduire notre chance d'attirer des investissements supplémentaires. Je crois à la croissance de notre économie."

"Nous ne pourrons toutefois remporter ce combat qu’en trouvant les accompagnements nécessaires, en assurant des aides financières pour ces ménages, pour qu’aucun propriétaire, locataire ne soit dans une impasse"

"Vous n'êtes pas revenus sur la taxe carbone. Vous avez eu le sentiment que c'était le plan caché (...) j'ai vu vos débats sur ces sujets, je vais vous parler très franchement. La fixation d'un vrai prix du carbone est l'un des moyens les plus puissants pour réussir nos objectifs. Nous avons encore les cicatrices de ce débat"

"La priorité pour moi des prochains mois est d'avoir une taxe carbone européenne"

"Au niveau national, il nous faudra dans les prochaines années réfléchir à une transformation de notre fiscalité pour intégrer une vraie tarification du carbone."

"Jamais la transition écologique ne doit se faire au détriment des communes, des régions les plus enclavées. C’est une des raisons pour lesquelles, je crois qu’il faut reporter le débat sur les 110 kilomètres/heure."

"Je formule cette proposition en spécialiste. J’ai présenté beaucoup de grands plans qui se sont trouvez résumés à une seule mesure ou réduits à une petite phrase ! Ce serait profondément injuste que tout votre travail soit résumé à cette proposition"

"L'Etat, les collectivités locales, bien sûr doivent agir, avoir le courage de bousculer le système. Mais seuls, ils ne peuvent rien. Car la réussite passe par la conversion des regards, le changement de comportement de chacun."

"Telle que proposée la rédaction menace de placer la protection de l’environnement au-dessus des libertés publiques, au-dessus même de nos règles démocratiques. Je ne souhaite pas reprendre cette proposition, elle serait contraire à notre texte constitutionnel".

Emmanuel Macron se dit "favorable à la modification de l'article 1 de la Constitution proposée par la Convention citoyenne."

 "Je souhaite laisser ouverte la possibilité de conduire dès 2021 un référendum sur la base de l’article 11 de la Constitution, sur un ou plusieurs textes de loi reprenant vos propositions".

"Vous devez être les colporteurs de cette ambition écologique pour notre pays".

"Il y aura d'autres conventions citoyennes", promet Emmanuel Macron.

11h43: Au lendemain de la vague verte aux municipales, Emmanuel Macron donne ce lundi des réponses «fortes» aux propositions, parfois controversées, des 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) qu'il reçoit à l'Elysée.

C'est dans le parc verdoyant du palais présidentiel que le chef de l'Etat accueille ce matin ces Français venus des quatre coins du pays qu'il avait chargés l'an dernier de réfléchir à un paquet de solutions contre le réchauffement climatique.

Cette rencontre prévue de longue date intervient quelques heures après le choc provoqué par les victoires des écologistes dans plusieurs grandes villes comme Lyon, Bordeaux, Strasbourg et Marseille.

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Vos réactions

Portrait de lysniais
29/juin/2020 - 12h19

Il semble que les coordinateurs de cette commission étaient des LFI et PS. La punition continue!!!