01/12 08:01

Un "conseil de déontologie journalistique et de médiation" va voir le jour lundi, un projet qui provoque la colère de nombreuses rédactions

Après des années de débats enflammés, un "conseil de déontologie journalistique et de médiation" va voir le jour lundi en France, une instance qui se veut un début de réponse à la défiance grandissante des citoyens envers les médias, mais qui continue de déchirer la profession. L'assemblée générale fondatrice du "CDJM" se tiendra lundi à Paris.

Elle réunira des représentants d'organisations professionnelles, comme la FNPS (Fédération de la presse spécialisée ou la FFAP (agences de presse); des syndicats de journalistes comme le SNJ (numéro un dans la profession) et la CFDT; les collectifs Informer n'est pas un délit et Profession: pigiste; l'Observatoire de la déontologie de l'information (ODI). Mais aussi des écoles de journalisme, associations de lecteurs et autres clubs de la presse, d'après une liste communiquée par l'ODI, qui joue un rôle moteur dans ce projet. Manquent pour l'instant à l'appel des médias en tant que tels, et notamment les éditeurs des quotidiens généralistes, nationaux ou régionaux, pour la plupart vigoureusement opposés à la création d'une telle instance.

Le projet est loin de faire l'unanimité : dix-neuf sociétés de journalistes et de rédacteurs, dont celles de l'AFP, France Inter, TF1 ou Mediapart, ont manifesté vendredi leur opposition au projet, soulignant dans un communiqué que "ce sont les lecteurs qui jugent les journalistes, pas les journalistes qui se jugent entre eux". "La manière dont se crée aujourd'hui ce CDJM ne nous inspire pas confiance", ajoutent ces organisations, en citant la loi sur les fausses nouvelles en période électorale et la loi sur le secret des affaires, qui dérogent selon elles à la loi de 1881.

"Le 2 décembre n'est que le début d'une aventure", fait valoir le président de l'ODI Patrick Eveno. "Quelques" titres ou diffuseurs pourraient être présents lundi soir à la création du CDJM, le but affiché depuis le départ étant de convaincre des médias de rejoindre le conseil progressivement.

Ce Conseil, assure l'ODI, sera un "organe professionnel d'autorégulation, indépendant de l'Etat", qui servira de médiateur ou d'arbitre entre le public, les médias et les rédactions, et d'espace de réflexion sur des sujets comme la désinformation. De quoi aider notamment, selon ses promoteurs, à réduire le fossé grandissant entre les journalistes et les citoyens, qui s'est encore creusé avec le mouvement des "gilets jaunes".

Le Conseil aura vocation à être saisi ou à s'autosaisir de cas concernant tous les médias d'information, membres ou non de l'instance. L'initiative fait bondir Etienne Gernelle, directeur du Point. "C'est un machin gouvernemental monté par des apparatchiks qui veulent donner des leçons aux autres et qui répondent aux ordres d'Emmanuel Macron", s'insurge-t-il.

Une allusion à plusieurs déclarations du président sur la presse, ou plus récemment du secrétaire d'Etat au numérique Cédric O, sur la régulation du secteur, qui ont donné du grain à moudre aux opposants de ce type d'instance, soupçonnée de faire le jeu du pouvoir. Une allusion aussi au rapport commandé par le ministère de la Culture à Emmanuel Hoog, ex-PDG de l'Ina (Institut national de l'audiovisuel) et de l'AFP, qui avait relancé cette année l'idée d'un tel conseil. "Même si cet organe se révélait indépendant, à quoi servirait-il, alors que la justice règle déjà les litiges?", critique le patron du Point.

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de Batori
1/décembre/2019 - 09h12 - depuis l'application mobile

Un pas de plus vers le fascisme...
La chine en a rêvé, la France le fait.

Contrôle des réseaux sociaux
Contrôle de la presse
Contrôle des médias
Main mise sur l’audiovisuel
Répression des manifestations (gilets jaunes, pompiers, urgentistes...)
Lobbying à tous les étages

2020 s’annonce radieux pour notre guide spirituel.