19/11/2019 17:33

Pont effondré à Mirepoix-sur-Tarn: Le poids du camion, qui atteignait "plus de 50 tonnes", est la cause "apparente" de l'accident (procureur)

17h34: Le camion ayant emprunté le pont suspendu qui s'est effondré lundi à Mirepoix-sur-Tarn, en Haute-Garonne, pesait "plus de 50 tonnes" et semble être "la cause immédiate" de l'accident ayant fait deux morts, a indiqué cet après-midi le procureur de Toulouse.

"Le fait que ce véhicule lourd ait emprunté ce pont (...) semble être, en l'état des investigations, la cause immédiate et apparente de l'accident", a déclaré Dominique Alzeari lors d'une conférence de presse, précisant que le véhicule pesait "plus de 50 tonnes".

11h00: Ce que l'on sait ce matin

Un possible surpoids du camion qui roulait sur le pont qui s’est effondré à Mirepoix-sur-Tarn (Haute-Garonne), tuant deux personnes, était mardi au centre des investigations, le maire assurant qu’il pesait «plus de 40 tonnes», soit plus du double autorisé.

Les plongeurs de la gendarmerie «ont reconnu l’engin et en faisant l’addition du poids du camion, de ce qu’il transportait (...) on estime à plus de 40 tonnes, largement. c’était un camion de gabarit hors normes, le pont a craqué», a affirmé à l’AFP l’élu, Eric Oget.

Deux personnes ont trouvé la mort dans cet accident: une adolescente de 15 ans habitant Mirepoix-sur-Tarn, et le chauffeur du camion.

Le pont suspendu, une structure métallique datant de 1931, qui s’est brutalement effondré lundi peu après 08h00, peut supporter une charge maximale de 19 tonnes, comme l’indiquent des panneaux à ses extrémités.

L’ouvrage avait été contrôlé à plusieurs reprises et «n’avait pas été identifié comme posant des problèmes particuliers», avait assuré lundi la secrétaire d’État à la Transition écologique Emmanuelle Wargon, venue sur place avec le secrétaire d’État à l’Intérieur, Laurent Nuñez.

Le camion, un «porte-char», appartenait à une entreprise locale de forage, qui a été perquisitionnée.

Les enquêteurs poursuivent mardi leurs investigations, en exploitant notamment les images prises par les plongeurs, des constatations techniques précieuses pour la suite de l’enquête. Des deux côtés du pont, des gendarmes étaient mardi en train de «geler» la scène avec des lasers et des drones en vue d’un modélisation en 3D, a constaté un journaliste de l’AFP.

09h20: Le camion faisait plus de 40 tonnes soit plus du double du poids maximal autorisé sur ce pont selon le Maire

Le maire de Mirepoix-sur-Tarn affirme que l'effondrement du pont est lié à un camion "hors norme" qui est passé sur l'ouvrage. "On parle de plus de 45 tonnes. Les gendarmes ont commencé à estimer la dimension du camion et on est sur ces volumes-là", a précisé Eric Oget. Le pont était interdit aux véhicules de plus de 19 tonnes, comme le rappelaient des panneaux installés de chaque côté de l'ouvrage.

Les plongeurs de la gendarmerie «ont reconnu l'engin et en faisant l'addition du poids du camion, de ce qu'il transportait, de la toupie, on estime à plus de 40 tonnes, largement. C'était un camion de gabarit hors norme, le pont a craqué», a-t-il précisé.

07h01: Les enquêteurs cherchent ce matin des réponses au lendemain de l’effondrement du pont de Mirepoix-sur-Tarn, près de Toulouse, dans lequel une adolescente de 15 ans et le chauffeur d'un poids-lourd ont trouvé la mort. Dans l'immédiat, "aucune hypothèse ne peut être confirmée" sur les causes et circonstances de l'accident, survenu lundi peu après 8H00, selon le secrétaire d’Etat à l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui s'est rapidement rendu sur place.

Seule certitude: datant de 1931, le pont suspendu qui s'est "effondré brutalement en quelques secondes", avait été contrôlé et "n'avait pas été identifié comme posant des problèmes particuliers", a déclaré la secrétaire d’Etat à la Transition écologique Emmanuelle Wargon, qui l'accompagnait. Son tablier s'est pourtant presque totalement effondré dans le Tarn, profond de plus de 20m et large de 100 m dans cette zone, précipitant dans l'eau les deux véhicules qui s'y trouvaient: la voiture où prenait place l'adolescente, conduite par sa mère, et le poids-lourds.

Les habitants, qui empruntent régulièrement cette desserte, majeure pour leur localité, ont été d'autant plus choqués que des bus scolaires venaient d'y passer, selon un témoin. "Ca aurait pu être moi, ce pont je le prends tous les jours", s'effrayait rétrospectivement Emilie Mulero, une infirmière de 37 ans.

Le corps de la jeune fille, élève en première dans un lycée privé d'enseignement professionnel des environs, a été rapidement repêché, tandis que sa mère a pu être secourue par des témoins. Celui du chauffeur n'a été retrouvé que plus tard dans l'après-midi. Il a été repêché dans la nuit, après de longues opérations compliquées par le courant pour l'extraire de la cabine du camion, compactée sous le choc. Selon Eric Oget, le maire de cette localité, située à une trentaine de km de Toulouse, le poids lourds était un "porte-char de transport de grue".

Il appartenait à une entreprise locale de forage, qui a été perquisitionnée.

L'enquête judiciaire, confiée au parquet de Toulouse, devra notamment déterminer s'il dépassait la limite de 19 tonnes, rappelée à l'entrée du pont. Les investigations devront aussi éclaircir si "les conditions d'usage (de l'ouvrage) étaient respectées", a précisé Mme Wargon. Selon le président de la communauté de communes, Jean-Marc Dumoulin, le passage de camions en surpoids n'y était pas exceptionnel, ce qui aurait pu le fragiliser. Alors que l'accident a relancé les inquiétudes sur l'état des ponts en France, le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT) a été chargé par le gouvernement de mener ses propres investigations.

L'ouvrage, rénové en 2003, "n'était pas classé à surveillance renforcée ou en état critique", selon Georges Tempez, du Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema). Cet organisme public en avait réalisé en 2017 une inspection détaillée pour le compte du Conseil départemental. Un dernier contrôle avait aussi été mené en décembre 2018. Mais si un pont non recensé comme dangereux s'effondre, "qu'en est-il des ponts qui sont clairement identifiés comme présentant un risque?", s'est inquiété le sénateur PS Michel Dagbert.

Ce drame "illustre malheureusement" les conclusions de la mission d'information sénatoriale sur la sécurité des ponts, à savoir qu'il y a "une vraie dangerosité de l'état de nos ponts", a pour sa part déclaré son président Hervé Maurey.

Mise en place après l'effondrement du viaduc autoroutier de Gênes (Italie), qui a fait 43 morts en août 2018, la mission d'information avait appelé fin juin à "un +plan Marshall+ pour éviter un drame", réclamant un audit des ponts. Selon ses conclusions, au moins 25.000 ponts français "sont en mauvais état structurel", sur les 200.000 à 250.000 ouvrages que compte le pays, leur nombre exact n'étant pas connu.

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Vos réactions

Portrait de ajc21
19/novembre/2019 - 20h50
jean_kevin a écrit :

C'est pas marqué "une voiture à la fois" ?! Donc sur un pont qui fait 150 mètres de long, il peut donc contenir environ 35 voitures d'un coté et 35 dans l'autre sens soit minimum 70 T...et là il se passe quoi ?

sauf que déjà cela fera moins de voitures car tu as oublié l'espace entre les voitures, et en plus si tu réparti le poids, c'est pas 50T sur un seul point, mais c'est la mm chose sur plusieurs points

Portrait de ajc21
19/novembre/2019 - 20h46
jean_kevin a écrit :

Où comment decharger la responsabilité sur un gars (aussi fautif soit il) !!! Admettons que 2 poids lourds de 19 tonnes se croisent au milieu du pont, que ce serait il passé ?? pourtant cela etait autorisé !

1 camion de 40 T ou 2 de 19 T, c'est quoi la différence ?

non, c'etait un camion a la fois

Portrait de JF_Lacour
19/novembre/2019 - 17h51
jean_kevin a écrit :

C'est pas marqué "une voiture à la fois" ?! Donc sur un pont qui fait 150 mètres de long, il peut donc contenir environ 35 voitures d'un coté et 35 dans l'autre sens soit minimum 70 T...et là il se passe quoi ?

Intuitivement ça me semble moins problématique d'avoir une charge répartie sur un pont qui sollicite toutes les suspentes de quelques tonnes plutôt que d'avoir une surcharge ponctuelle de 50 tonnes qui exerce un effort très localisé.

 

Portrait de Ka
19/novembre/2019 - 15h17
jean_kevin a écrit :

Où comment decharger la responsabilité sur un gars (aussi fautif soit il) !!! Admettons que 2 poids lourds de 19 tonnes se croisent au milieu du pont, que ce serait il passé ?? pourtant cela etait autorisé !

1 camion de 40 T ou 2 de 19 T, c'est quoi la différence ?

Sauf que y'a un panneau qui spécifie également "Un camion à la fois". Donc oui c'est bien la faute du chauffeur et seulement la sienne.

Portrait de Jilou1994
19/novembre/2019 - 13h55

 Il a joué au c.. pour plus de profit, il a perdu, karma. Encore un enseignement qui nous rappelle que d'avoir un libre arbitre est le privilège de la forme humaine dont il ne faut pas mésuser sinon c'est comme au Loto où 100% des perdants ont tenté leur chance. 

Portrait de nina83
19/novembre/2019 - 09h40

c'est terrible, il devait passer là régulièrement en plus...... pauvre gamine, condoléances à la famille, c'est horrible cet accident..... et l'entreprise de forage doit être jugée rapidement et sans complaisance.

Portrait de JF_Lacour
19/novembre/2019 - 09h21

Pour visualiser la "bête" qui a fait s'effondrer le pont taper "Puits Julien Fondations" dans Google. La foreuse SOILMEC SR-20 et le porte engins SCANIA qui la transporte sont en photo sur le site de l'entreprise.

La foreuse seule fait de 20 à 28 tonnes et le véhicule porteur probablement autour de 15 tonnes et donc l'ensemble excède très largement les 19 tonnes de limitation.

L'entreprise de forage est installée à environ 400 m du pont de Mirepoix dans une ZI sur la commune de Bessières sur l'autre rive du Tarn. C'est donc probablement pas la première fois qu'ils passaient sur ce pont.