26/08/2019 06:57

Sous la pression internationale, le Brésil a fini par entrer en action cette nuit en Amazonie, deux avions C-130 Hercules larguant les premières dizaines de milliers de litres d'eau

Sous la pression internationale, le Brésil a fini par entrer en action cette nuit en Amazonie, deux avions C-130 Hercules larguant les premières dizaines de milliers de litres d'eau au-dessus de la forêt tropicale où le nombre des incendies progressait. Des manifestations ont eu lieu dans diverses villes brésiliennes en défense du "poumon de la planète", tandis que les pays du G7 annonçaient une aide à l'Amazonie "le plus vite possible".

Le président Jair Bolsonaro, auquel l'allié américain a offert son aide, a remercié dans un tweet non pas le G7 mais "les dizaines de chefs d'Etat qui (...) vont nous aider à surmonter la crise qui n'a d'intérêt que pour ceux qui veulent affaiblir le Brésil". Il a à cet égard annoncé dans la soirée avoir accepté la proposition d'Israël de fournir un avion dans le cadre de la lutte contre les incendies.

Peu après, tandis que la sphère bolsonariste se déchaînait sur Twitter contre Emmanuel Macron, le ministre de l'Education Abraham Weintraub traitait de "crétin opportuniste" le président français, qui a été en pointe dans les pressions sur Jair Bolsonaro pour qu'il agisse en Amazonie.

Dans la capitale Brasilia, une quarantaine de personnes ont manifesté contre M. Macron devant l'ambassade de France

A Rio de Janeiro, quelque 2.000 personnes ont protesté dans le quartier d'Ipanema, deux jours après les manifestations en Europe.

"Bolsonaro va-t'en, Amazonie reste !" scandaient-elles. Un protestataire était équipé d'un masque à gaz, déguisé en arbre avec un feuillage fourni, des animaux en peluche et une pancarte clamant : "Vive la nature !" "On est en train de détruire la nature", a dit à l'AFP Teresa Correa, de l'Etat amazonien du Para.

"La situation a empiré depuis que Bolsonaro est devenu président (en janvier), il veut tout détruire". Première action concrète du gouvernement : deux C-130 Hercules capables de larguer 12.000 litres d'eau et de produit retardant ont été déployés par la Force aérienne brésilienne (FAB), a annoncé le ministère de la Défense.

Ces bombardiers d'eau opèrent à basse altitude à partir de Porto Velho, la capitale de l'Etat de Rondônia (nord-ouest), qui s'est encore réveillée sous un inquiétant couvercle de fumée. "Cela fait 20 ans que j'habite ici et j'ai vu beaucoup d'incendies", a dit à l'AFP Welis da Claiana, une habitante de cette ville, "mais je n'ai jamais rien vu de tel".

Le nombre des incendies a augmenté de 1.130 dans tout le Brésil en 24 heures, selon l'Institut national de recherche spatiale (INPE). Les derniers chiffres arrêtés samedi soir font état de 79.513 feux de forêt depuis le début de l'année dans ce pays, dont un peu plus de la moitié en Amazonie.

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