18/05/2019 07:31

Révélation lors du procès Roundup: Une consultante chargée de relations publique liée à Monsanto et Bayer se faisait passer pour une journaliste

Style décontracté, la trentaine souriante et amicale, elle se présentait comme journaliste aux reporters, dont l'AFP, couvrant en mars un procès autour du Roundup de Monsanto au tribunal fédéral de San Francisco.

La jeune femme était en fait employée par FTI Consulting, un important cabinet de conseil et de relations publiques comptant parmi ses clients Monsanto et l'allemand Bayer. Deux lobbies européens représentant Bayer, qui a bouclé l'an dernier le rachat du fabricant du célèbre Roundup, l'herbicide controversé au glyphosate, figurent aussi parmi les clients du cabinet.

Le procès auquel assistait l'employée de FTI s'est soldé fin mars par la condamnation de Monsanto à verser plus de 80 millions de dollars pour avoir caché la dangerosité du Roundup, le deuxième revers judiciaire en quelques mois. Lundi, un troisième tribunal américain l'a condamné à verser plus de deux milliards de dollars à un couple d'Américains atteints d'un cancer.

Bayer fait appel dans les trois dossiers.

Ce jugement est intervenu alors que le géant agrochimique est aux prises avec une polémique et une enquête en France.

En 2016, l'agence de communication Fleishman Hillard aurait fiché, pour le compte de Monsanto, des centaines de personnalités dont des journalistes, concernant leur position sur les OGM ou le glyphosate, ou leur propension à être influencés.

Bayer a présenté ses excuses et affirmé ne "tolérer aucun agissement qui soit contraire à l'éthique".

L'AFP, dont plusieurs journalistes figurent dans ce fichier, a annoncé porter plainte auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL).

Un porte-parole de Bayer a affirmé à l'AFP que FTI ne faisait pas partie de l'"équipe multi-fonctions chargée de la gestion des procédures juridiques autour du Roundup, notamment le procès" de San Francisco.

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