16/05/2010 14:34

Cancer: L'émouvante interview de Bernard Giraudeau

C'est un témoignage poignant de l'acteur Bernard Giraudeau qu'a publié cette semaine le quotidien Libération.

Il parle de ses 10 ans de combats contre le cancer d'abord du rein puis du poumon, de sa lassitude face à ses 4 rechutes.

Depuis peu, il a lancé sur le site «la Maison du cancer» une initiative au thème original : «On ira tous à l’hôpital.» Un site où il parle, témoigne, répond, échange


Extraits de l'interview

D’abord, comment allez-vous ?

Pas trop bien en ce moment, on va voir comment les choses vont évoluer, mais cela fait partie du chemin. J’essaye d’aller comme je peux, le problème est que les traitements lourds des chimios ont tendance à vous enlever un peu de la vie.

Alors, on s’interroge : si c’est pour continuer à vivre avec cette vision-là…

Mais il y a toujours des lueurs, non pas d’espoir mais de bonheur, des fragments possibles, des gens qui vous entourent, qui vous aiment. Bref, il y a toujours quelque chose qui fait que si je peux encore voir ou vivre cela, ou acquérir une connaissance… Une connaissance de soi, de ce corps, là, qui, à un moment donné, se dérègle. On ne sait pas trop bien pourquoi, et on a du mal.

Cela fait près de dix ans ?

Oui et cela commence à faire long. C’est long d’être en permanence entre les mains des médecins, des radios, des scanners. L’institut Gustave-Roussy, puis Pompidou, puis l’hôpital Tenon, puis encore Pompidou. C’est long. (...)

Est-ce que vous vous attendiez à un parcours aussi dur ?

Je le savais, mais aussi dur… Le plus dur est de ne pas savoir comment arriver à stabiliser cette maladie sans que cela ne devienne invivable. (...)

Il y a des moments où l’on se trouve devant le mur. Qu’est-ce qu’on fait ? On y va ? Se faire opérer ou pas ? Si on ne le fait pas, on a peu de chances. Si on se fait opérer, il y a des chances que cela ne se passe pas trop mal, mais après ? Pour combien de temps ?

Le vrai choix, c’est de se dire : j’arrête la chimio, j’arrête tout, puis je verrai bien. Ce que je conçois, parce que c’est extrêmement usant, fatigant, épuisant, et que l’on cherche un sens à tout ça.
Tant que l’on peut réfléchir, discuter, lire, on y trouve de l’intérêt. On exprime des sentiments, on partage. Mais si on n’a plus cela, à un moment on se dit qu’il faudra peut-être aller faire un tour ailleurs. (...)
Vous avez mis des limites ?

Oui, j’en ai mis. Je ne veux plus me faire opérer. J’ai déjà été tellement opéré que cela bousille. Pour les chimios, moi, cela fait deux ans. C’est une période difficile. (...)

Pour lire l'intégralité de l'interview:

http://www.liberation.fr/societe/0101634493-le-cancer-est-arrive-je-n-etais-pas-etonne

Ça peut vous interesser

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de Michelet09
16/mai/2010 - 14h49

et pendant que des hommes de cette classe et cette élégance souffrent on a des léo qui simulent des suicides et des vendetta qui se la pètent :|