12/09/2018 12:00

EN DIRECT - Affaire Benalla: Devant la commission d'enquête du Sénat, le chef de cabinet de l'Elysée se dit "choqué" par la violence de la vidéo

12h00: La commission a ensuite entendu le commandant militaire de l’Elysée, le général Bio-Farina, selon qui Alexandre Benalla était «un petit peu la charnière entre ce que fait le GSPR et le commandement militaire», les deux unités en charge de la sécurité du président.

En outre, «il avait l’approche humaine de ce que souhaitait le président pour sa sécurité», a-t-il ajouté et «participait aux travaux de réorganisation de la sécurité de l’Elysée».

Troisième et dernière audition au programme: celle de Maxence Creusat, commissaire de police à la direction de l’ordre public et de la circulation de la préfecture de police de Paris. Il a été mis en examen notamment pour «violation du secret professionnel».

11h00: Ce qu'il faut retenir des propos de François-Xavier Lauch

Le chef de cabinet du président de la République, François-Xavier Lauch, s’est déclaré mercredi au Sénat «choqué» par la violence des images montrant Alexandre Benalla s’en prendre à un manifestant le 1er mai.

«Je peux vous dire qu’en voyant cette vidéo, j’ai été choqué, j’ai vu à la fois une scène d’affrontement violent (...) une scène d’intervention d’une personne qui est manifestement M. Benalla, et qui à l’évidence a agi en dehors de ses fonctions à la présidence de la République», a déclaré M. Lauch devant la commission sénatoriale enquêtant sur cette affaire.

«J’ai alors souhaité appeler M. Benalla immédiatement, je l’ai fermement sermonné, il a reconnu sa présence sur les lieux de la manifestation», a poursuivi le chef de cabinet d’Emmanuel Macron qui était alors en Nouvelle-Calédonie pour préparer la venue du président.

«Il a été très clair sur le fait qu’il ne m’avait pas sollicité moi, chef de cabinet, pour être» sur les lieux de la manifestation, a ajouté le haut fonctionnaire lors de cette audition très attendue.

«Il a justifié son comportement par sa volonté d’aider les policiers pris à partie par des manifestants violents qui avaient, je le cite de mémoire, +jeté des projectiles sur les forces de l’ordre+», a-t-il ajouté.

«Il s’agit d’un comportement individuel fautif à dissocier du fonctionnement du service que je dirige», a estimé le chef de cabinet.

«Je lui ai indiqué immédiatement qu’une sanction a été prise», a-t-il encore dit. «Nous avons décidé avec le directeur de cabinet de lui retirer la préparation et l’organisation des déplacements officiels du président de la République», a ajouté M. Lauch.

Répondant aux questions insistantes de la commission, M. Lauch a également «assuré que M. Benalla n’a pas exercé de mission de police» dans le cadre de ses fonctions à la présidence de la République.

«Si j’avais constaté cela, il se serait fait là aussi sévèrement sermonner», a-t-il ajouté. Il a reconnu avoir été «informé» que M. Benalla disposait d’un permis de port d’arme, mais a assuré ne l’avoir «jamais vu» avec son arme lors des déplacements du chef de l’Etat.

Selon M. Lauch, les fonctions d’Alexandre Benalla étaient «extrêmement claires», «cadrées» : «l’organisation des déplacements nationaux du président de la République», «l’organisation des événements au palais de l’Elysée» et enfin «la coordination, sous l’autorité du directeur de cabinet, des deux services de sécurité de l’Elysée», en l’occurrence «des choses très administratives», a-t-il pris soin de souligner.

A cela s’ajoutait «la préparation des déplacements non officiels du président de la République».

10h02: François-Xavier Lauch, chef de cabinet du président de la République, s'exprime

"J'ai recruté Alexandre Benalla en arrivant à l'Elysée", déclare François-Xavier Lauch. Et d'ajouter : "Pendant ces quinze jours, du 4 au 22 mai, je peux vous certifier que Benalla n'a pas exercé ses fonctions de chargé de mission".

"Ensuite, je lui ai notifié ses nouvelles missions oralement (...) Il a très mal vécu sa rétrogradation"

"J’ai appris le 3 mai les faits et l’intervention de M. Benalla le 1er mai. Patrick Strzoda m’a informé de ces faits et de la sanction qui a été prise. Il n’avait pas attendu le retour du Président et de son cabinet de Nouvelle-Calédonie"

"En voyant cette vidéo, j’ai été choqué. M. Benalla a manifestement agi en dehors de ses fonctions à la présidence de la République", "J’ai eu à vérifier que M. Benalla n’exerçait plus ses fonctions pendant les quinze jours qui ont suivi la décision de suspendre ses fonctions. Je certifie qu’il ne l’a pas fait"

"Pour l'accueil des Bleus il fallait à la fois coordonner l’arrivée de l’équipe de France et organiser un événement à l’Elysée. J’ai mobilisé 2 de mes adjoints à l’Elysée et demandé à Benalla d’être le garant de la synchronisation de l’arrivée du bus des Bleus"

"M Benalla était chargé de m’appuyer dans l’organisation des déplacements nationaux, et de coordonner le GSPR et le commandement militaire, donc des choses très administratives"

"Je peux vous assurer que Benalla n’a pas exercé de fonctions de police", "Par délégation du chef de cabinet, Benalla a pu demander des effets à obtenir pour un déplacement de la Présidence, mais il n’a jamais pris la place du policier ou du gendarme"

"Benalla avait un véhicule de service, pas de fonction, ni de police", "Je n‘ai jamais été interpellé par des commissaires, officiers ou gardiens de la paix se plaignant du comportement de Benalla"

09h45: François-Xavier Lauch, chef de cabinet du président de la République, prête serment avant de prendre la parole

09h31: M. Benalla, mis en examen pour des violences contre un manifestant le 1er mai à Paris, a annoncé mardi soir qu’il était «contraint» de se rendre devant la commission sénatoriale, pour éviter des «poursuites judiciaires», dans un communiqué transmis à l’AFP.

Un refus de se présenter est punissable de deux ans d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende.

«Je suis dans la transparence la plus totale. Je n’ai rien à cacher», a-t-il assuré à l’AFP. Mais, avertit-il, dans son communiqué, «je ne pourrai répondre à aucune question concernant les faits dont la justice est saisie».

Et «je ne pourrai pas non plus répondre aux questions dont la réponse supposerait de violer le secret de la défense ou le secret professionnel auxquels je suis lié».

09h30: Les travaux sur les chapeaux de roue mercredi, après une journée d’éclats de voix qui lui a permis d’obtenir l’audition à venir de l’ex-chargé de mission d’Emmanuel Macron.

En attendant ce rendez-vous prévu a priori pour le 19 septembre, la commission, qui tente de déterminer quel était exactement le rôle et l’étendue des fonctions d’Alexandre Benalla à l’Elysée, doit auditionner le chef de cabinet du président et le commandant militaire de l’Elysée.

Ailleurs sur le web

Vos réactions