03/07/2017 17:08

Emmanuel Macron: Réduction d'un tiers du nombre des parlementaires - Une dose de proportionnelle dans l'élection du Parlement - Suppression de la Cour de Justice de la République - Levée de l'état d'urgence à l'automne

17h02: Quelques minutes après la fin du discours d'Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon a réagi sur sa page Facebook

"Interminable pluie de truismes à Versailles. Faux marbre, bonapartisme surjoué, européisme bêlant, ennui mortel", a-t-il déclaré sur le réseau social. 

Et de juger la prestation du chef de l'Etat : "niveau rédactionnel de chambre de commerce, pensée politique d'un dogmatisme libéral aussi désuet que lunaire. Le brasier du dégagisme n'est pas prêt de s'éteindre".

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16h30: Fin du discours d'Emmanuel Macron

15h03: Emmanuel Macron prend la parole:

"Aujourd'hui je veux vous parler des institutions que je veux changer, et des principes d'action que j'entends suivre. Nous avons vous et moi, reçu le mandat du peuple. Qu'il nous ait été donné par la nation entière ou par une circonscription, ne change rien à sa force à l'obligation collective qui pèse sur nous. Ce qui nous est demandé par le peuple, c’est de renouer avec l’esprit de conquête qui l’a fait pour enfin le réconcilier avec lui-même. En vous élisant dans votre nouveauté radicale à l’Assemblée nationale, le peuple français a montré son impatience à l’égard d’un monde politique fait de querelles ou d’ambitions creuses où nous avons vécu jusqu’alors. Notre premier devoir est de retrouver le sens d'un projet ambitieux de la transformation de notre pays. Ce mandat du peuple que nous avons reçu, quel est-il ? Pour le savoir, il faut sortir de ce débat de faux procès, il faut retrouver de l’air, de la sérénité, de l’allant. Il faut des efforts car ces faux procès sont nombreux. S’agit il de libéraliser le code du travail ? On nous dira qu’il s’agit de répondre aux diktats de Bruxelles.

S’agit-il de réduire nos dépenses publiques pour éviter que nos enfants paient le prix de nos renoncements ? S’agit -il sortir de l’état d’urgence ? On nous dira qu’on brade nos liberté (ou qu’on laisse les français sans sécurité). Rien de tout cela n’est vrai. Le mandat qui nous est donné est de créer de l'unité là ou il y avait de la division.

Notre peuple nous demande d'emprunter une voie radicalement nouvelle. Le mandat du peuple c'est aussi celui de la confiance et la transparence. Nous voulons une société de confiance et pour cela, une loi ne suffit pas." La société de la délation et du soupçon généralisé ne nous plaît pas. J'appelle a en finir avec cette recherche du scandale, avec le viol permanent de la présomption d'innocence, à cette chasse à l'homme. Cette frénésie qui a touché tous les camps est indigne des principes de la République.

Nous n'avons pas cinq ans d'ajustements et de demi-mesures. Les Français sont animés d'une exigence d'intransigeance. Il n'est pas de république forte sans institutions puissantes. L'esprit qui les a fait naître s'est abîmé. Il ne faut pas sacrifier au culte de la vitesse. Je souhaite qu'une évaluation complète de tous les textes importants (...) soit menée dans les deux ans suivant leur application. Il est même souhaitable que l'on évalue les lois plus anciennes. Je pense qu'il faut réduire d'un tiers le nombre des membres des 3 assemblées constitutionnelles. La réduction du nombre de parlementaires, un Parlement moins nombreux mais renforcé dans ses moyens est un Parlement où le travail devient plus fluide, qui travaille mieux. Je suis convaincu que cette mesure aura des effets pour la qualité générale du travail parlementaire. Cette réforme est indispensable, elle doit être conduite en veillant à la juste représentation de tous les territoires de la République. Elle vise à donner aux élus de la République plus de moyens et plus de poids. Je souhaite que le parlement soit élu avec une dose de proportionnelle. 

Je souhaite que le droit de pétition soit revu afin que l'expression directe de nos citoyens soit mieux prise en compte (...), là aussi, il en va de la représentativité de nos citoyens

Le Conseil Economique et social va devenir les carrefour des consultations publiques. Les ministres eux-mêmes doivent rester comptables de leurs actions. Nos concitoyens ne comprennent plus que seuls les ministres pourraient disposer d’une juridiction d’exception. Je souhaite la suppression de la Cour de Justice de la République. C’est aussi assurer une indépendance pleine et entière de la justice. Je souhaite que nous accomplissions enfin la séparation de l'exécutif et du judiciaire en confortant le rôle du conseil supérieur de la magistrature. Je demanderai à Mme la Garde des sceaux, aux ministres compétents et aux présidents des 2 chambres de me faire à l’automne des propositions concrètes permettant d’atteindre cet objectif.

Dans un autre domaine, celui que l'on ose souvent pas nommer, le terrorisme islamiste, "je souhaite lever l'état d'urgence à l'automne. En ces temps de terrorisme, nous voulons une liberté forte. C’est donc aussi assurer la liberté de chacun et garantir les libertés individuelles. Que devons nous aux victimes, à nos compatriotes qui sont morts… ? Certainement pas de nous limiter à l’esprit victimaire ou dans les célébrations. Renoncer, c’est concéder au nihilisme des assassins sa plus belle victoire. D’un côté, je rendrai aux Français leurs libertés en levant l’état d’urgence à l’automne. Ces libertés sont la condition d’une démocratie forte. Le code pénal tel qu’il est, le pouvoir des magistrats tel qu’il est, peuvent nous permettre d’anéantir nos adversaires. Mais d’un autre côté, je souhaite que le Parlement puisse voter ces dispositions nouvelles qui nous renforcerons dans nos libertés. 

15h02: Le Congrès respecte une minute de silence en mémoire de Simone Veil en présence d'Emmanuel Macron

14h59: Emmanuel Macron fait son entrée devant le Congrès pour prendre la parole

14h58: Le président de l'Assemble Nationale arrive devant la Garde Nationale

14h55: Les parlementaires s'installent progressivement dans l'aile du Midi du château de Versailles 

14h45: "J'espère qu'il y aura quelques éléments-clés qui permettront de comprendre la pensée [complexe] du président de la République" a déclaré Daniel Fasquelle, député du Pas-de-Calais.

14h34: "Le déjeuner était assez sympathique mais il ne s'est rien dit (...) Je m'attendais à ce que le président fasse part de son état d'esprit" a réagi Luc Carvounas (PS).

13h05: Emmanuel Macron vient d'arriver au château de Versailles. Il va déjeuner avec quelques personnalités du Parlement avant de s'exprimer à 15 heures. 

 

13h01: François de Rugy, Gérard Larcher et Edouard Philippe attendent l'arrivée du président de la République au château de Versailles

12h50: Les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat François De Rugy et Gérard Larcher viennent d'arriver

12h49: Le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde a qualifié ce matin d'"opération de communication" et aurait préféré "commencé à travailler"

12h30: Les premiers députés et sénateurs commencent à arriver en bus au château de Versailles. 

12h00: Le président de la République va déjeuner dans quelques instants avec des personnalités du Parlement. 

L'invitation a été transmise ce week-end aux bureaux de l'Assemblée nationale et du Sénat (présidents, vice-présidents, questeurs...) ainsi qu'aux présidents des groupes parlementaires. 

11h45: "Le président de la République préside et fixe un cap. Le Premier ministre est le chef de notre majorité" a rappelé Aurore Bergé, porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée nationale.

11h40: Certains dénoncent une opération de communication, comme l'ancien ministre de l'Éducation et philosophe Luc Ferry : "Traversée du Louvre, poignée de main avec Trump, visite de château avec Poutine, discours au #CongresVersailles : on sort quand de la com ?"

11h35: "Au fond c'est un classique: le monarque convoque la cour à Versailles, les insoumis en appellent au peuple à République #CongresVersailles" a tweeté le député (FI) de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel.

11h30: "Cette posture Jupiterienne, je la trouve ridicule" a déclaré Benoît Hamon ce matin sur France Info, interrogé sur la stature présidentielle revendiquée par Emmanuel Macron depuis le début de son quinquennat.

11h25: Certains députés, comme Éric Ciotti (LR), pensent que ce Congrès est une "humiliation totale" pour le Premier ministre.

Pourquoi ? Car demain mardi, Edouard Philippe, prononcera son discours de politique générale à l'Assemblée nationale. L'opposition estime qu'Emmanuel Macron lui "grille" la priorité. 

Le chef de l'État a «franchi un seuil dans la dimension pharaonique de la monarchie présidentielle», juge Jean-Luc Mélenchon, patron du groupe France insoumise à l'Assemblée nationale.

11h15: Le nouveau président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, estime que la décision du président de s'exprimer devant le Congrès est «un bel hommage aux parlementaires».

Quant aux élus qui boycottent l'événement, "il serait bien que les uns et les autres se disent que la campagne électorale est finie et que maintenant nous sommes dans le fonctionnement normal des institutions" a-t-il poursuivi sur RTL.

11h10: Une minute de silence sera observée avant le début du Congrès en hommage à Simone Veil, décédée vendredi dernier.

11h05: Parmi les 577 députés et 348 sénateurs qui seront assis par ordre alphabétique à Versailles aujourd'hui, certains manqueront à l'appel : les députés de la France insoumise et communistes notamment, qui ont décidé de ne pas se rendre à l'allocution du président.

11h00: Le président de la République Emmanuel Macron réunit aujourd'hui à 15 heures le Parlement lors d'un Congrès exceptionnel à Versailles.

Un discours programmatique dans un cadre solennel que représente le château de Versailles : le début du quinquennat Macron sera désormais acté après cette déclaration de politique générale où le président compte "fixer le cap". Le chef de l’État va s'adresser pendant une heure devant les députés et les sénateurs. 

 

 

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Vos réactions

Portrait de Nono75
4/juillet/2017 - 00h04
stbx00 a écrit :

Où avez vous vu qu'il voulait supprimer la Haute cour ? L'article parle de la CJR...

Je ne sais pas mais en tout cas on n'entend plus notre expert en Droit constitutionnel...

Il doit être en train d'essuyer le reste de bave qui trainait à la commissure de ses lèvres.

Portrait de stbx00
3/juillet/2017 - 21h35
alekine1 a écrit :

Vu qu'il veut supprimer la HCJ c'est soit qu'il va mettre un autre système mais qui sera sensiblement le même (donc dépenser de l'argent pour refaire la même chose) soit laisser les juges faire ce qu'ils veulent. Il n'a donc rien compris au Droit constitutionnel de la Veme république.

Où avez vous vu qu'il voulait supprimer la Haute cour ? L'article parle de la CJR...

Portrait de Nono75
3/juillet/2017 - 18h55
alekine1 a écrit :

Je cois qu'il n'a rien compris au Droit. Ils n'en font pas à l'ENA?

La haute cour de Justice est la seule habilité à juger le président. Ce n'est pas anodin. C'est déjà pour la séparation de l'exécutif et du judiciaire. Sinon on risque un gouvernement des juges.

Ne confondrais tu pas la Cour de justice de la République (celle qui pourrait être supprimée) et la Haute Cour prévue à l'article 68 de la Constitution qui est celle habilitée à destituer le PR ?...

Portrait de stbx00
3/juillet/2017 - 18h09
alekine1 a écrit :

Je cois qu'il n'a rien compris au Droit. Ils n'en font pas à l'ENA?

La haute cour de Justice est la seule habilité à juger le président. Ce n'est pas anodin. C'est déjà pour la séparation de l'exécutif et du judiciaire. Sinon on risque un gouvernement des juges.

Quel est le rapport entre le fait de ne rien comprendre au droit et la Haute cour de Justice ?

Portrait de LaRésistante.
3/juillet/2017 - 18h06
legay a écrit :

 

Et pour faire avancer le débat sur "Rien", je tiens à ajouter que:

Un proverbe chinois dit que lorsqu’on a rien à dire on cite généralement un proverbe chinois. smiley

smiley

 

Proverbe chinois souvent tiré par la natte (du mandarin).

smiley

Portrait de MC26
3/juillet/2017 - 17h25

Pourquoi toute cette mascarade qui nous coûte cher alors qu'un simple discours à la télé face aux français aurait suffit !!! décidément il a rien compris quand la Cour des comptes conseille de faire des économies "publiques" !!!!

Portrait de dada790145
3/juillet/2017 - 17h11

mieux que la proportionnelle intégrale ,ce qu'il faudrait ,c'est la proportionnelle représentative , un nombre fixe de voix a avoir pour qu'un groupe/mouvement gagne un siège , à chaque palier atteint un député du groupe/mouvement est élu si le nombre de voix n'est pas atteint , pas de député élu , si forte abstention --> sièges vacants , en + d'avoir une réelle bonne représentation du peuple , on fait également des économies de salaires de députés , bien sûr il faut limiter la création de groupe/mouvement de même que les les candidats aux élections présidentielles sont limités par les signatures de maires a recueillir .

Portrait de LaRésistante.
3/juillet/2017 - 17h01
chaparal a écrit :

les gens "qui ne sont rien"  a ses yeux pourront le regarder a la télé ils ont du temps pour ca smiley

 

Qui ne sont rien n'est pas une insulte . Rien ce n'est pas rien !C'est déjà quelque chose .

La preuve ?

J'ai acheté une ravissante jupe cuir pour trois fois rien et un blouson du même métal pour moins que rien !

Rappelez -vous aussi qu'un dirigeant célèbre (hélas) préférait le "bon aryen " bon à rien ou comme disait Pagnol. Tu n'es pas bon à rien !! tu es mauvais à tout!!

smiley

Portrait de Filoû02
3/juillet/2017 - 16h19

C'est un tournant ? Un changement ?

Portrait de chaparal
3/juillet/2017 - 14h44

les gens "qui ne sont rien"  a ses yeux pourront le regarder a la télé ils ont du temps pour ca smiley