20/09/2015 16:30

Les grandes manoeuvres capitalistiques s'accélèrent dans les médias russes après l'adoption d'une nouvelle loi

De la presse économique aux chaînes de télévision pour enfants, les grandes manoeuvres capitalistiques s'accélèrent dans les médias russes, conséquence de la décision de Moscou de limiter la présence des étrangers dans ce secteur soumis à un contrôle croissant du pouvoir.

A partir du 1er janvier 2016, les étrangers ne pourront plus détenir plus de 20% du capital de médias russes, en vertu d'une loi rédigée notamment par des députés ultranationalistes et communistes et promulguée en octobre 2014 par le président Vladimir Poutine.

Voulu selon leurs auteurs pour défendre la Russie des "ingérences étrangères" en pleine crise ukrainienne, le texte contraint les grands groupes internationaux de médias soit à céder le contrôle de leurs biens à des partenaires locaux, soit à partir purement et simplement de Russie d'ici la fin de l'année.

Le géant allemand Axel Springer vient d'opter pour la deuxième solution pour ses titres en Russie: les magazines GEO, OK! et surtout l'édition russe de Forbes, influent dans les milieux économiques pour ses informations économiques et ses très attendus classements des fortunes des oligarques.

Le propriétaire du tabloïd Bild, le quotidien le plus lu d'Allemagne, n'a pas caché son amertume, dénonçant une mesure "inacceptable" lorsqu'il a annoncé la cession de ses titres à l'homme d'affaires russe Alexandre Fedotov, qui possède des magazines de mode, de design ou sur le golf.

Au printemps dernier, c'est le quotidien des affaires Vedomosti, l'un des derniers journaux indépendants de Russie, qui avait changé de main.

Le groupe de médias finlandais Sanoma avait vendu sa part de 33% à un entrepreneur russe quadragénaire, Demian Koudriavtsev.

Le sort du reste du capital, que se partagent les éditeurs des journaux Financial Times et Wall Street Journal, reste en suspens.

Depuis l'adoption de la loi, l'avenir de Forbes, de Vedomosti et de la radio indépendante Echo de Moscou, également concernée, alimente toutes les inquiétudes tant ils sont devenus des exceptions dans le paysage médiatique russe.

Ce dernier a subi une nette reprise en mains en quinze ans de pouvoir de Vladimir Poutine et laisse très peu de place aux voix critiques du Kremlin. L'éditorialiste Andreï Babitski dénonçait au moment du vote du texte une volonté de "priver les rares médias privés de leur dernière défense contre l'arbitraire (leurs propriétaires indépendants)", tandis que la présidente de l'association de journalistes MediaSoyouz, Elena Zelinskaïa, s'inquiétait d'une future "détérioration du marché avec une baisse du nombre de titres", y compris de divertissement.

La loi constitue "une déclaration politique: nous voulons être souverains, nous voulons que les médias soient contrôlés par des patriotes", juge Ekaterina Schulmann, professeur à l'Académie russe de l'Economie nationale et de l'Administration publique.

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Vos réactions

Portrait de Krys11
21/septembre/2015 - 14h38

Et après on nous parle de la dictature médiatique socialiste...

Non mais LOL !

Portrait de Léonid Brejnev
20/septembre/2015 - 18h16

Le camarade Audiard disait:

Il ne faut pas prendres les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages !

Portrait de Soraël
20/septembre/2015 - 17h56

Poutine ne se fait pas marcher dessus comme la carpette qui est devant l'entrée de l'élysée ...