18/07/2015 10:02

Arbitrage Tapie: Le parquet de Paris a demandé aux juges d'instruction de mettre en examen Claude Guéant

Le parquet de Paris a demandé aux juges d'instruction de mettre en examen Claude Guéant, ancien secrétaire général de l'Elysée, pour son rôle présumé dans l'arbitrage de plus de 400 millions d'euros dont a bénéficié Bernard Tapie.

Les ennuis s'accumulent pour l'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy, mis en examen dans l'affaire de la vente de ses tableaux flamands et qui sera jugé à partir du 28 septembre en correctionnelle pour les primes en liquide touchées quand il était directeur de cabinet au ministère de l'Intérieur.

Si le parquet devait être suivi par les juges, qui relevaient dès mars 2013 l'"implication personnelle" de Claude Guéant dans le dossier, la dimension politique de l'affaire serait renforcée. L'ancienne ministre de l'Economie Christine Lagarde, aujourd'hui patronne du FMI, a déjà été mise en examen pour négligence.

Les juges sont convaincus que la sentence arbitrale ayant octroyé 403 millions d'euros en juillet 2008 à Bernard Tapie pour régler son litige avec le Crédit Lyonnais sur la revente d'Adidas dans les années 90 est le fruit d'un simulacre organisé avec l'aval de l'Elysée. En cause notamment, des relations anciennes et dissimulées entre l'un des juges-arbitres, Pierre Estoup, et l'avocat de Bernard Tapie, Me Maurice Lantourne.

Les juges avaient demandé le 13 avril 2015 un avis au parquet sur le rôle de Claude Guéant.

Dans leur ordonnance, les magistrats financiers relevaient notamment "une proximité amicale et politique entre Bernard Tapie et Nicolas Sarkozy". Ancien allié des socialistes, le premier, mis en examen pour escroquerie en bande organisée et détournement de fonds publics par un particulier, avait notamment appelé à voter pour le second à la présidentielle de 2007.

Le parquet répond aux magistrats dans un réquisitoire supplétif du 22 juin, dont l'AFP a eu connaissance, en leur demandant de "mettre en examen" Claude Guéant "du chef de complicité (par instructions) de détournement de fonds publics commis par un particulier".

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