07/01/2015 17:37

Portrait: Tignous, abattu ce matin, un dessinateur caustique et engagé

Caricaturiste et auteur de BD caustique et engagé, Bernard Verlhac, dit Tignous, tué mercredi dans l'attentat contre Charlie Hebdo à l'âge de 57 ans, dessinait pour la presse depuis 1980, traquant la folie du monde avec un humour percutant et un peu désespéré.
"Un dessin de presse, c'est super dur à réussir parce qu'il faut tout mettre dans une seule image. C'est tout le contraire de la BD", disait-il.

Né Bernard Verlhac en 1957 à Paris, Tignous publiait régulièrement dans Charlie Hebdo et Marianne. Il collaborait également à Fluide Glacial, L'Echo des Savanes ainsi qu'à des émissions télévisées avec Laurent Ruquier, Marc-Olivier Fogiel ou Bruno Masure, dans lesquelles ses dessins accompagnaient les débats.
Il avait travaillé avec Cabu, Charb et Wolinski, autres victimes de l'attentat terroriste contre Charlie Hebdo.
Ses premiers dessins de presse étaient parus dans L'Idiot international, La grosse Bertha et L'Evénement du jeudi.
Après son livre "On s'énerve pour un rien" en 1991, il taclait le capitalisme, les actionnaires et les inégalités sociales en 1999 dans "Tas de riches" (Denoël) et fera paraître en 2010 "Le fric, c'est capital"....
Passionné par l'actualité, il retrace le procès Colonna dans un album en 2008 puis sort sa BD "Pandas dans la brume" en 2010 (Glénat), où il donne la parole à ces charmantes petites bêtes pacifistes et menacées d'extinction.
"En fait, ça a commencé par un communiqué du WWF disant qu'il n'y avait plus que 1.600 pandas. Ça a fait tilt !", racontait-il. "Je me suis rendu compte que tous les thèmes que je traite régulièrement dans mes dessins de presse (la liberté, le patronat-voyou qui délocalise...) tournaient autour du lieu où vit le panda: la Chine".
C'est ainsi que les pandas de Tignous cogitent, s'interrogent en croquant leurs bambous, miroir satirique grinçant et hilarant tendu à notre société.
"Il y a plein de choses qu'on peut se permettre dans une BD longue...", expliquait Tignous qui admirait le père de "Corto Maltese", Hugo Pratt.
Son dernier livre, "Cinq ans sous Sarkozy", publié en 2011 chez l'éditeur 12 Bis, compilait ses dessins de presse. Une manière de se remémorer avec humour les hauts faits et affaires du quinquennat de Nicolas Sarkozy, à travers l'oeil d'un des plus fervents détracteurs de l'ex-président de la République.

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Vos réactions

Portrait de pomitup
8/janvier/2015 - 17h51

RIP c'est vraiment très triste....