19/05/2014 15:45

Guillaume Gallienne va se travestir en "Lucrèce Borgia" à la Comédie-Française

Denis Podalydès met en scène une "Lucrèce Borgia" transgenre à la Comédie-Française, avec Guillaume Gallienne dans le rôle de la célèbre empoisonneuse et la jeune comédienne Suliane Brahim dans celui de son fils Gennaro, du 24 mai au 20 juillet.

"J'ai choisi Guillaume pour Lucrèce parce que c'est pour moi un acteur imprévisible, extravagant, par moment abyssal, il peut me toucher infiniment comme il peut me faire rire aux larmes, et je pense qu'il faut un acteur comme ça pour ce rôle, où il y a des moments de folie", a expliqué Denis Podalydès à l'AFP.

"Quand Denis Podalydes m'a proposé le rôle, il m'a dit +je sens qu'il y a une femme enfermée en toi+", a raconté Guillaume Gallienne à l'AFP lors de la sortie de son film "Les garçons et Guillaume, à table". Et d'ajouter : "Je lui ai répondu, elle est pas tellement enfermée!"

A 42 ans, Guilaume Gallienne assume avec humour son personnage "masculin-féminin", qu'il exploite avec talent dans le film autobiographique "Les garçons et Guillaume à table", où il joue à la fois son propre rôle et celui de sa mère. A la Comédie-Française, il a déjà joué travesti, dans "Un fil à la patte" de Feydeau (2011).

"Le travestissement, c'est moins une femme jouée par un homme qu'une femme enfermée dans une apparence qui n'est pas la sienne", observe Denis Podalydès, pour qui la définition colle parfaitement à Lucrèce, figure de monstre qui cache un coeur de mère en quête de rédemption. Tout au long de la pièce, Lucrèce tente de révéler à Gennaro, le fils adoré élevé loin d'elle, qu'elle est sa mère.

"Hugo disait : je cherche dans cet océan de noirceur la goutte de lait qui va teinter tout le reste", rappelle Denis Podalydès. "La goutte de lait, c'est l'instinct de mère de Lucrèce, sa maternité mille fois refusée, et qui essaie à l'intérieur même du personnage monstrueux de Lucrèce de la racheter".

Denis Podalydès s'est inspiré de la mise en scène d'Antoine Vitez pour le festival d'Avignon en 1985 : un cahier de notes sur la mise en scène, qu'il n'a pas vue, avait été publié chez Actes Sud. "J'ai raflé tous les exemplaires. Je m'abreuve littéralement à cette source", dit-il, reprenant à son compte la vision "cauchemardesque, noire" qu'avait Vitez de la pièce d'Hugo: "Vitez disait: +on va tailler ce spectacle dans la chair même de la nuit+", rappelle-t-il.

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