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07/04/2014 09:39

Attaquée en diffamation par Manuel Valls, la soeur d'un homme tué par un policier jugée aujourd'hui

La soeur d'un homme tué d'une balle dans le dos par un policier en 2012, qui milite depuis contre les violences policières, sera jugée lundi par le tribunal correctionnel de Paris pour diffamation après une plainte du ministère de l'Intérieur.

Amal Bentounsi, soeur d'Amine Bentounsi, mort le 21 avril 2012 à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis), est appelée à comparaître pour "diffamation publique envers une administration publique" après avoir déclaré dans une vidéo publiée sur son site (www.urgence-notre-police-assassine.fr): "vous voulez commettre des violences, crimes, en toute impunité sans être inquiété? La police recrute".

La fondatrice du collectif "Urgence notre police assassine" avait été visée par une plainte signée par Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, en janvier 2013.

"Quand M. Valls porte plainte contre moi, c'est un bras d'honneur qu'il me fait. Il n'a pas entendu notre douleur, celle de la famille de la victime", a-t-elle dénoncé mercredi lors d'une conférence de presse à Paris. "Ce site et cette vidéo n'ont pas été faits dans une mauvaise intention mais pour informer", a poursuivi cette mère de famille originaire de Seine-et-Marne, se disant "persuadée qu'on tente de (la) faire taire".

Samedi, environ 200 personnes ont manifesté à Paris sous étroite surveillance des forces de l'ordre contre les violences policières à l'appel de ce collectif. Le syndicat de police Alliance (deuxième des gardiens de la paix) a déploré que le rassemblement n'ait pas été interdit par la préfecture de police de Paris.

Une pétition appelant Manuel Valls à abandonner les poursuites a recueilli sur internet plus de 6.000 signatures en moins d'une semaine.

"C'est ridicule que l'Intérieur la poursuive. Ces propos sont bien moins insultants que lorsque Nicolas Sarkozy insinue que la police française utilise des méthodes similaires à celles de la Stasi" dans l'affaire des écoutes judiciaires visant l'ex-président, "c'est le cri de douleur d'une femme qui a perdu son frère", a déclaré à l'AFP son avocat, Michel Konitz.

Amine Bentounsi, 29 ans, plusieurs fois condamné par la justice et recherché car il devait encore purger une peine de prison, est mort le soir du 21 avril 2012, après avoir reçu une balle dans le dos tirée par un policier, selon les résultats de l'autopsie.

Le gardien de la paix, qui a argué de la légitime défense, a été mis en examen pour homicide volontaire.

Les policiers avaient organisé plusieurs rassemblements en solidarité avec leur collègue et pour réclamer une réforme de la légitime défense, notamment en défilant sirènes hurlantes et dans leur voiture de service sur les Champs-Elysées. Ils avaient été reçus par les candidats à la présidentielle Nicolas Sarkozy et François Hollande.

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